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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 06:48

 

 

 

 

 

 

Résultats des élections (au niveau national) :



      http://www.snes.edu/elections-pro.html

 

Moins de 40% des professeurs ont voté : au niveau national, la FSU, syndicat majoritaire, tire tout juste son épingle du jeu, avec 40% de ces 40%, soit pas beaucoup... L'UNSA et le SGEN ont des élus — deux béni-oui-oui de plus. Le SNALC disparaît du CTM. 

 

Il n’y a aucune raison de se réjouir de cet état de choses. Seul un aveuglement réactionnaire ou une hargne antisyndicale stupide motiverait qu’on se félicitât de cette débâcle générale.


     Certes, la procédure informatique, une véritable usine à gaz souvent dysfonctionnante -- à l'image de l'institution scolaire, telle qu'en elle-même enfin la collusion libéralo-pédago l'a changée -- ne facilitait pas les choses.

Mais beaucoup de collègues n'ont pas saisi les enjeux, et ont décidé de s'en foutre (pardon, mais c’est le mot). Ce sont les mêmes qui, à longueur de journée, se lamentent en salle des professeurs, clament urbi et orbi qu'il faut faire la grève du bac, bloquer les notes, prendre en otages le Recteur, le Ministre et Josette T. -- et sont par ailleurs incapables de participer ne serait-ce qu'à une journée nationale d'action, de peur sans doute de perdre un de leurs précieux trentièmes. Quoi que "les syndicats" (ensemble hostile et flou) proposent, l'action n'est jamais la bonne => résultat, on ne fait rien, et on n'est même pas fichu de cliquer pour voter... Difficile résister à la tentation de s'exclamer : qu'ils ne viennent plus se plaindre.

 

Faut dire aussi qu'à force de casser du sucre sur le dos "des syndicats", tous englobés dans la même réprobation butée, on est parvenu à décourager les enseignants d'aller se prononcer pour des instances dont l'utilité et la nécessité semblent parfois un petit peu opaques aux non-initiés.


     Bref, apparemment, Chatel a réussi son pari : affaiblir la FSU, atomiser le SNALC, redonner de l'oxygène aux godillots UNSA-FEN et SGEN-CFDT, qui voteront des deux mains tout ce qui peut finir d'achever (pléonasme volontaire) une Ecole déjà bien mal en point.

 

A ceci près -- et à ce sapin -- que, comme le montre l'Histoire avec sa grande Hache, lorsque les organisations syndicales sont, d'une manière ou d'une autre, marginalisées, et lorsque la colère se met à monter, l'explosion, quand elle a lieu, est le plus souvent brutale. Quand il n'y a plus de syndicats pour mettre des mots et des actes sur la rage et le désespoir des gens, ça finit comme en Grèce, avec des morts, de la casse et de la caillasse.

Dans l'état actuel des choses, les enseignants -- personnes bien élevées au Surmoi fortement introjecté -- en sont encore à retourner la violence contre eux-mêmes : dépression, somatisations diverses, et, on l'a hélas vu depuis peu, suicide spectaculaire de notre infortunée collègue Lise Bonnafous. Encore quelques mesures létales pour l'Ecole, et ils seront dans la rue à brûler des pneus ou à lancer des pierres, sans directives, seuls, sans espoir, même pas indignés, non, juste enragés.


     Affaiblir les syndicats, c'est ouvrir la porte -- désolée pour la métaphore filée incohérente, je l'assume -- à la politique du pire -- lequel pire, on le sait, n'est jamais décevant, sauf pour ceux qui le vivent et le subissent.

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Published by leblogdelapresidente
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commentaires

Jequier 21/10/2011 14:57



Je souscris à l'analyse: mais de là à "taper" une fois deplus sur les confrères qui n'en peuvent mais.


 Ce n'est pas seulement le surmoi(instance individuelle) mais la volonté et la "culture institutionnelle" consistant à vouloir faire au mieux.


 Quant aux "pédagogistes" s'ils construisent un syndicat, ce n'est pas pour autant des béni-oui-oui!


 Ne nous trompons pas d'adversaire, il y a de quoi faire avec la désastreuse poloitique budgétaire de Châtel-la-voix-de-son-maître!


 Magali


 



leblogdelapresidente 21/10/2011 17:03



Loin de moi l'idée de "taper" sur les collègues, qui, pour beaucoup, sont en souffrance. Mais il y a aussi une indifférence -- peut-être s'explique-t-elle par un besoin de se protéger, dans
l'exercice de plus en plus difficile du métier -- dont les conséquences sont lourdes, et c'est vraiment dommage. La politique du "je fais mon cours et je me casse" n'est jamais la bonne...


Quant aux syndicats pédagos, en clair l'UNSA-FEN et le SGEN-CFDT, ils ont voté des deux mains toutes les réformes délétères mises en place depuis Allégre, et sont tout de même largement
responsables de l'état calamiteux où se trouve l'Ecole. Jusqu'à plus ample informé, ce sont les alliés objectifs de Chatel. Ceci n'empêche pas, évidemment, que nous puissions nous retrouver côte
à côte à protester contre "la désastreuse politique budgétaire de Chatel la voix de son maître", pour reprendre ton excellente expression. 



Dominique Schiltz 21/10/2011 11:36



Non, le SNALC ne disparaît pas. Certes, il n'est plus représenté au comité technique ministériel, mais la fédération de fonctionnaires à laquelle il appartient, la FGAF, sera sans doute
représentée au niveau interministériel. Il faut également attendre les résultats des élections aux CAP pour savoir combien il aura d'élus : sans doute moins, mais il en aura encore beaucoup.


Bien sûr, le SNALC va connaître des jours difficiles car il va perdre des moyens matériels et financiers qui l'aidaient à mener à bien ses missions. Mais ses permanents et ses militants resteront
mobilisés tant pour le soutien et le conseil des collègues que pour la défense des valeurs de l'école républicaine auxquelles il a toujours été attaché. Que ceux qui les partagent le rejoignent
et militent avec lui, et il restera aussi actif que par le passé.


Dominique Schiltz, responsable national des CPGE au SNALC-CSEN



leblogdelapresidente 21/10/2011 13:08



Merci , Dominique Schiltz, pour ces précisions.


Personne -- à part le pouvoir en place --n'a à gagner de voir affaiblir la représentativité des syndicats.


Bien cordialement à vous !