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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 15:12

 

 

 

 

 

 

On a beau savoir qu’en matière d’éducation, Le Monde ne reflète pas exactement l’expression des associations de défense de l’Ecole et des savoirs humanistes, il n’en reste pas moins que c’est d’une sainte colère que l’on se sent animé en lisant le dernier article commis par Marie Desplechin (j’imagine qu’il s’agit de la romancière, qu’on a connue mieux inspirée), consacré à l’enfer des CPGE et intitulé, de manière kolossalement judicieuse, « Prépas, l'excellence au prix fort» :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/03/prepas-l-excellence-au-prix-fort_1637985_3224.html

Tous les souverains poncifs y sont, sans oublier les autres ( brimades, humiliations, classes sous anti-dépresseurs, yeux rouges des étudiants… ), et même l’expertise de l’ineffable Peter Gumbel, l’individu qui s’est illustré un peu partout depuis quelques mois en réclamant haut et fort, pour améliorer le système éducatif français, la suppression des notes, -- comme si c’était d’elles que venait tout le mal… Enfin, passons, et revenons à notre propos.

Inutile d’expliquer à Mme Desplechin ou à M. Gumbel que l’image qu’ils donnent des CPGE ne reflète que de façon très partielle et partiale ce qui s’y passe, et que l’enfer qu’ils décrivent n’existe, -- et encore ! --, que dans quelques grandes parisiennes, et sans doute davantage dans les filières scientifiques qu’en hypokhâgne ou en khâgne.

Inutile de leur objecter les nombreux témoignages d’étudiants (voir par exemple, précédé d’une photo des malheureuses victimes traumatisées et sadisées par une sale bande de tortionnaires, http://lewebpedagogique.com/lescpgelitterairesdecezanne/temoignages/) qui ont été heureux en prépa : on nous renverrait sans doute au syndrome de Stockholm.

Inutile de faire remarquer, in petto, que bien des journalistes, écrivains et autres intellectuels qui crachent sur les prépas et vouent aux gémonies les filières élitistes,  ont pris grand soin de scolariser leurs enfants dans de prestigieuses institutions privées genre Ecole Alsacienne, ou dans des établissements publics haut de gamme comme Henri IV ou Louis-le-Grand, qui, justement, sont des lycées à CPGE. C’est moi que l’on taxerait de mauvais esprit.

 

Je me permettrais seulement d’observer que cet article, malhonnête de bout en bout, arrive à point dans un contexte où, l’alternance étant en vue, l’avenir des CPGE risque de se jouer, puisqu’il est de notoriété publique que les responsables du projet PS pour l’Ecole ne les voient pas vraiment  avec les yeux de Chimène. Je m’interroge aussi sur la bêtise qui consiste, pour améliorer le système post-bac (qui est, effectivement, en crise), à démanteler les prépas, qui sont à peu près la seule chose qui marche, comme si de manière magique le niveau des autres filières allait ipso facto remonter. Et enfin, je voudrais préciser – et ici, ce n’est plus la présidente de RE qui s’exprime – qu’en tant que prof de prépa je me sens diffamée. Et ce n’est pas le lien sur les témoignages d’enseignants en CPGE  http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/03/professeurs-en-classe-prepa-nous-sommes-des-bourreaux-bienveillants_1638492_3224.html qui peut « réparer » la désastreuse impression générale produite par cet article.

Je conseille donc à Marie Desplechin de revenir à la fiction romanesque, et de laisser vivre les prépas, qui, dans un contexte budgétaire de plus en plus resserré, continuent, grâce au travail acharné de leurs enseignants, à former, vaille que vaille, des étudiants qui sont loin d’être tous des héritiers. Mais encore eût-il fallu se documenter, plutôt que d’enfiler les perles des idées reçues… 

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Published by leblogdelapresidente
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commentaires

phone systems for small business 17/04/2014 12:53

Hell CPGE, or: a beautiful operation intox is one of the best share about the top education institutions and all i can say is that the article is interesting. very good share and finding for the information seekers and i wish to be back here soon for more. keep on adding.

leblogdelapresidente 08/02/2012 19:45


la réaction des associations de professeurs en CPGE :


 


http://www.educpros.fr/uploads/media/Reponse_des_associations_de_classes_preparatoires_aux_allegations_de_Madame_Desplechin.pdf

leblogdelapresidente 06/02/2012 16:58


La réaction du SNALC :


http://www.snalc.fr/affiche_article.php?actu=1&id=682&id_rep=281

leblogdelapresidente 04/02/2012 14:50


suite droit de réponse de l'APPLS : 


Le système des classes préparatoires est pourtant bien, en apparence, un système sélectif à l'entrée et à la sortie, ce
qui rend crédible la présentation infernale qu'on en donne. Mais il faut rappeler, d'une part, qu'il scolarise chaque année 80 000 étudiants (40 000 en première, 40 000 en deuxième année). C'est
assurément bien moins que le nombre de bacheliers, mais c'est beaucoup trop pour que les professeurs de classes préparatoires tortionnaires qu'on nous présente puissent exercer les sévices qu'on
dit avec l'impunité qu'on dit. Surtout, c'est le signe que la sélection à l'entrée n'est pas si violente qu'on veut bien l’affirmer. On peut le prouver encore avec une donnée que les associations
de professeurs déplorent : toutes les classes préparatoires de France ne sont pas pleines, et le nombre de bénéficiaires du service offert pourrait donc augmenter encore. Quant à la sélection à
la sortie, il importe de révéler la forêt que cache l'arbre qui seul intéresse les détracteurs du système national des classes préparatoires. Il est vrai qu'il existe quelques très grandes
écoles, très prestigieuses, et très difficiles d'accès, imposant un travail considérable à ceux qui les briguent, mais il existe, en aval des classes préparatoires, quantité de débouchés plus
accessibles, tant et si bien que dans les filières scientifique et commerciale, on peut considérer le parcours comme tubulaire : il y a à l'arrivée autant de places dans les écoles que de
candidats au concours ; celui-ci classe donc effectivement les réussites, mais il les ventile aussi, permettant à chacun de trouver sa place. La filière littéraire, qui faisait jusqu'en 2009
exception, puisqu'elle conduisait pour l'essentiel aux Écoles Normales Supérieures et à leurs 200 places (pour 4000 candidats) vient en outre de faire sa révolution : les Écoles Normales
Supérieures de Lyon et de la rue d'Ulm ont construit une Banque d'Epreuves Littéraires commune, à laquelle participent désormais quarante établissements d'enseignement supérieur, dont les écoles
de commerce, un certain nombre d'IEP, un certain nombre de formations universitaires ; on est ainsi passé, entre 2009 et 2011, de 200 à 900 admis. Le débouché universitaire, essentiel pour les
littéraires, continuant de fonctionner à plein, le taux de réussite des étudiants de la filière est ainsi comparable à celui des scientifiques et des commerciaux : supérieur à 90 %.


 


Terminons d'un mot en essayant de comprendre les effets recherchés et induits de la représentation infernale les classes
préparatoires. Bien sûr, il pourrait s'agir d'en demander simplement la suppression en vertu des sévices qu'on y infligerait, et de la sollicitude dont le « care » nous fait obligation
envers les victimes supposées de ce système.


Mais c'est de ce genre de bonnes intentions que, précisément, l'enfer est pavé. Nous savons tous parfaitement que les
enfants des milieux favorisés et informés par Le Monde resteront candidats aux classes préparatoires tant qu'elles existeront, et quoi qu’on en dise. A qui fait-on donc peur en décrivant
les classes préparatoires comme un enfer ? Précisément à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l'aventure, qui hésitent encore à prendre leur part des formations d'excellence que la
république offre, non pas seulement aux enfants de ses élites en mal de reproduction, mais à tous ses enfants s’ils y sont prêts. À ceux-là, à tous ceux-là, comme à  Marie Desplechin, nous
ne pouvons répondre qu'une seule chose : « Venez voir, venez apprendre à travailler et réfléchir, venez juger sur pièces et vous défaire des préjugés dont nous sommes confits. Profitez des journées portes ouvertes, rencontrez les professeurs, candidatez  dans APB : vous serez accueillis avec bienveillance, attention, et sérénité. »


 


Pour le Comité de l’APPLS, Marc Even

leblogdelapresidente 04/02/2012 14:48


Droit de réponse de l'APPLS


Appelées à exercer leur droit de réponse à cet article publié par le journal Le Monde en date du vendredi 3 février 2012
sur « l’enfer des classes préparatoires », les associations de professeurs ne peuvent guère qu’exprimer leur consternation.


Passons vite si l’on veut (mais le faut-il, au juste ?) sur la comparaison avec les méthodes de formation des
Marines américains telles que les évoque Stanley Kubrick dans Full Metal Jacket, meurtre du formateur et suicide d’une balle dans la bouche de la victime compris, ou sur l’idée fort
savante de professeurs qui en 2012 feraient encore payer à l’élite méritocratique qui passe entre ses mains le « crime » d’avoir supplanté l’aristocratie au sang bleu de l’Ancien Régime
vaincu.


Passons plus vite encore sur la méthode qui consiste à compiler des témoignages individuels et encore plus invérifiés
qu’invérifiables : « la moitié de la classe était sous anti-dépresseurs » lit-on à propos d’une classe de khâgne du Nord de Paris (celle où l’auteur de ces lignes enseigne ?
Marie Desplechin est la bienvenue dès demain pour venir vérifier la complète fausseté d’une telle allégation, qui a pourtant les honneurs de l’intertitre dans son article).


Là n’est pas pourtant ce qui doit retenir l’attention dans cet article polémique (d’aucuns diraient : « cette
machine de guerre ») plus soucieux de dénoncer et d’opiner que d’informer. Ce qui frappe ici, c’est l’entretien du mythe, avec ce qu’il implique d’amplification des motifs et de temps
immobile : les professeurs de classes préparatoires sont des ogres, des Barbe Bleue ; sous leur férule brutale, on maigrit, on rougit (des yeux), on pâlit (du cerveau), on court se protéger
à l’infirmerie, quand on ose encore se soustraire à la noirceur de l’œil professoral (ce n’est plus Full Metal Jacket, c’est Shining…) ; et depuis 200 ans que les grandes
écoles existent, rien n’a changé dans les idéologies et les pratiques, nostalgie de la noblesse d’épée et notes négatives comprises…


 


Répondons donc, et établissons des faits ; bref, informons. Les classes préparatoires sont un service public
d’enseignement dont les programmes, les horaires, et les pratiques sont encadrées par deux Ministères, celui de l'Education Nationale et celui de l'Enseignement Supérieur. Leur spécificité est
ainsi de délivrer une formation relevant du supérieur dans un cadre, et avec des méthodes, qui relèvent du secondaire. Elles sont donc idéalement placées pour assurer la transition entre les
exercices du lycée et les exigences de la recherche telle que les étudiants les rencontreront, en aval, dans leur poursuite d'études. La formation qu'elles délivrent s’insère ainsi parfaitement
dans le paysage de l'enseignement supérieur puisque le cycle de formation qu'elle propose donne lieu à l'attribution de crédits ECTS permettant, à la fin de chaque semestre, de réintégrer, en
France, en Europe, ou ailleurs, une formation universitaire. Notons que ce dispositif, qui suppose une Attestation Descriptive fort précise des enseignements reçus, et enlève donc toute opacité
franco-française à la formation délivrée en classes préparatoires, est en place depuis 2007.


 


Ce système d'équivalences et d'insertion dans l'espace international des formations supérieures a évidemment induit une
modification des pratiques, notamment de notation, dans les classes préparatoires : la manifestation de la qualité des étudiants imposait que la notation en porte trace. Désormais, la grande
majorité des classes préparatoires de France présente une moyenne générale de 10, et valorise ses meilleurs étudiants avec des moyennes supérieures à 15 ; dans les dernières années, un concours
aussi prestigieux et réputé intraitable que celui de la rue d'Ulm a vu ses moyennes passer de 6,5 à près de 10, son dernier admissible afficher une moyenne supérieure à 14,8, son premier admis
une moyenne supérieure à 18,5 ; 20 % des notes de ce concours littéraire sont désormais supérieures à 14, y compris en littérature ou en philosophie. L'effet induit est bien entendu que les
étudiants, mêmes moyens, voient leur travail récompensé par des notes qui ont définitivement cessé d'être infamantes, ce dont les associations de professeurs se réjouissent sans aucune espèce de
réserve.


 


L'esprit qui règne dans ces classes est en effet celui d'une extrême attention des professeurs à l'endroit d'étudiants
auxquels ils savent qu'ils demandent beaucoup. Très loin d'être le lieu dévolu à la « casse » des élèves, les classes préparatoires sont des lieux où les pratiques du lycée ont conservé
leur cours : un horaire hebdomadaire important, des devoirs écrits et des interrogations orales réguliers, un encadrement rapproché par des professeurs engagés, au sein de groupes à l'effectif
stable, permet aux meilleurs étudiants de cultiver leur talent et de nourrir les plus hautes ambitions, comme ils permettent aux étudiants plus fragiles d'acquérir les méthodes qui leur manquent,
de préparer leur réussite universitaire, et de compenser, le cas échéant, les fragilités qu’une origine sociale moins favorisée aura pu leur imposer. La relation qui se tisse entre professeurs et
élèves de classes préparatoires est, dans l'immense majorité des cas, une relation de confiance, et d’étonnante proximité. Il importe d’ailleurs ici d'indiquer avec force que cette qualité est
une règle nationale et qu'elle s'observera aussi bien dans les établissements d'élite que chacun connaît, que dans les classes préparatoires plus modestes où elle peut sembler aller davantage de
soi. Les directions, comme les enseignants, des grandes écoles en témoigneraient aisément : leurs élèves intègrent avec un fort sentiment de reconnaissance intellectuelle à l'égard de leurs
professeurs de classes préparatoires, et non avec la rancœur ou l'angoisse silencieuse des victimes. Le passage en classe préparatoire ouvre des portes, mais pas au prix, contrairement à ce qui
se dit, d'un sacrifice qu'il s'agirait d'accepter de subir sans trop en pâtir ; c'est d'abord une aventure intellectuelle et existentielle où se créent entre professeurs et élèves, entre élèves
et élèves, des compagnonnages féconds qui durent souvent toute la vie.


 


Le système des classes préparatoires est pourtant bien, en apparence, un système sélectif à l'entrée et à l