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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 16:23

 

 

 

 

 

 

 

Chic chic c’est la rentrée, forcément meilleure que les précédentes, depuis que nous avons à présent au gouvernement des ministres qui nous aiment puisqu’ils sont socialistes (du moins en théorie), citent Michelet, Edgar Quinet, Victor Hugo et Jules Ferry, évoquent les Lumières, le libre jugement, la laïcité, et  déclarent vouloir refonder l’Ecole  autour de la République et la République autour de l’Ecole – paroles douces aux oreilles des vieux « Républicains » (nous l’a-t-on assez reproché…) que nous sommes, naturellement.


Alors, pourquoi la Présidente, qui comme tous les enseignants a repris le collier pleine d’énergie, d’élan et de vigueur, se sent-elle néanmoins assaillie de noirs pressentiments, concernant en particulier tout ce qui pourra sortir de la  concertation sur l’Ecole organisée par le ministre sous la bienveillante égide de Bruno Julliard ?


Est-ce d’avoir entendu M. Peillon expliquer sur Europe 1 que « les élèves français (…) sont ceux qui souffrent le plus, avec les petits Japonais », ce qui ne peut que faire hurler de rire et/ou de rage tout enseignant normalement constitué s’évertuant contre vents et marées à mettre lesdits élèves au travail, eux qui souffrent surtout de ne rien faire et de perdre leur temps ? Une telle ineptie, proférée sur le ton dramatique qui convient, et assimilant nos potaches aux infortunés petits Japonais qui, effectivement, se suicident tant on leur met la pression, devrait ridiculiser celui qui la profère, même s’il se réclame des sociologues, dont on sait qu’ils sont suffisamment experts en expertise pour être crédibles dans les hautes sphères de la rue de Grenelle.


Est-ce, à propos de la grande  concertation,  de remarquer, et de déplorer avec Catherine Kinzler (http://www.mezetulle.net/article-l-ecole-de-la-republique-refondation-ou-reforme-109609448.html, une contribution passionnante au débat),  la « mise à l'écart des spécialistes disciplinaires, aussi bien les sociétés savantes que les associations de professeurs spécialistes », ce qui laisse mal augurer de la place du SAVOIR et de l’INSTRUCTION dans la synthèse à venir


Certes, m’a-t-on objecté après la parution sur ce blog en juillet dernier de ma note http://leblogdelapresidente.over-blog.com/article-dans-concertation-il-y-a-d-abord-certation-107924933.html , mais de quoi vous plaignez-vous, jamais contente que vous êtes ? Parmi les personnalités invitées, on trouve plusieurs représentants de l’anti-pédagogisme (pour aller vite), comme Denis Kambouchner ou  Jean-Paul Brighelli ! Vous voyez bien qu’on parlera pour vous !

 

Bien sûr, et je ne doute pas une seule seconde de la pertinence des observations que livreront nos deux amis. J’observe simplement qu’aucune ASSOCIATION de défense de l’Ecole et/ou des humanités n’a été conviée, pas plus « Sauver Les Lettres » que le GRIP ou RE, pas davantage l’ALLE ou SEL, qui, comme les sociétés savantes et les associations de spécialistes, semblent inconnus au bataillon Peillon.

En clair, on reconnaît en haut lieu que notre parole existe, mais portée par des individualités aussi brillantes qu'isolées, et ne représentant, en quelque sorte, que leur génie personnel. L’idée qu’il existe des associations de terrain faites de militants, d’alterpédagogues qui travaillent au contact des élèves, de défenseurs de l’instruction, ne semble pas avoir été intégrée par le Comité de pilotage – comme si rappeler encore et toujours  le DEVOIR D’INSTRUCTION avait quelque chose de gênant pour nos nouveaux gouvernants. Il faut dire que lorsque le discours officiel pose en principe numéro un qu’apprendre est pour les élèves français à l’origine d’une grande  souffrance,  on voir mal comment pourrait sortir de la concertation Peillon autre chose qu’un infâme brouet pédago enrobé dans de la phraséologie laïque et républicaine, comme on nappe de sauces trop riches les viandes un peu faisandées.

 

Bref, on va nous payer de mots, et ne rien faire – ce qui vaudrait peut-être mieux que d’entreprendre des réformes délétères qui achèveront le malade sous couvert de le refonder. Peut-être faudra-t-il que notre système scolaire descende encore un peu plus bas, si c’est possible, et que l’on touche le fond du fond, pour que le coup de pied salutaire, qui remette l’instruction (ni l’élève, ni l’enseignant) au centre du projet, soit enfin donné ?

En attendant (et il semble que ce soit, a priori, la seule mesure de grande  ampleur susceptible d’être prise),  les professeurs et les instituteurs auront le plaisir de voir rognées leurs vacances au nom du respect des rythmes biologiques, ce qui les fera travailler plus pour gagner autant. On a viré Sarkozy pour moins que ça, non ? ! Et la Présidente, qui a mauvais esprit, se demande avec intérêt comment le SGEN-CFDT et l’UNSA-FEN nous feront passer la pilule…  Mais c’est une autre histoire. 

 

Et toujours, le site de RECONSTRUIRE L'ECOLE, http://www.r-lecole.fr/

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:43

 

 

 

 

 

 

Mon pauvre père – comme on dit dans le sud à propos d’un défunt qu’on a beaucoup aimé – ouvrit jadis le congrès de son petit syndicat de libraires avec un « Mes chers confrères, n’oublions jamais que dans ‘’libraire’’ il y a ‘’braire’’… », qui produisit son petit effet.

 

Je n’ai pu m’empêcher d’y repenser en lisant sur le site dédié à la grande concertation sur l’Ecole, http://www.refondonslecole.gouv.fr/, le détail des modalités de ce qui sera, à n’en pas douter, le grand œuvre de Vincent Peillon, et dont je me demande si, révérence parler, il ne se paie pas tout d’abord notre tête – celle des enseignants, naturellement, mais aussi celle des élèves, et plus largement celle du peuple français.

 

Quelques naïfs, à Reconstruire l’Ecole, se sont étonnés de ce que nous ne soyons pas conviés aux festivités, pas plus que ne le sont le Collectif Sauver Les Lettres, l’ALLE ou le GRIP-SLECC. Nous n'en concevons aucune amertume. Ne rêvons pas : pour ce qui concerne notre association, nous ne disposons ni de la visibilité ni des réseaux suffisants, à tous les sens du terme, pour intéresser les promoteurs de cette opération, qui ne vise rien d’autre qu’à donner une légitimité soi-disant démocratique au projet pédagogique, idéologique et technocratique concocté depuis quelques années par le Parti Socialiste et ses alliés de l’UNSA-FEN, du SGEN-CFDT, d’Education et Devenir, et autres CRAPs ejusdem farinae. Relégués dans les rangs de la droite passéiste ou des réacs de gauche par ceux qui ne nous ont pas lus, nous n’avons aucune parole susceptible de porter dans un cérémonial où, de facto, tout est mis en place pour que soient données, aux questions posées et qui sont parfois pertinentes, les « bonnes » réponses allant dans le sens de ce qui a été décidé à l’avance dans les divers think-tanks revenus bien en cour.

 

La présidente de RE irait-elle jusqu’à soupçonner les ministres de malhonnêteté intellectuelle dans cette affaire ? Certainement pas : nous savons bien que le PS, de ce point de vue, est absolument irréprochable. Mais il est permis de s’étonner et de la composition du  comité de pilotage qui rendra ses conclusions en octobre, et de la nature des questions posées, dont certaines incluent déjà la réponse en laissant parfois craindre des mesures pour le moins contestables, et de l’organisation des quatre groupes de travail.

 

Le comité de pilotage est donc composé de Nathalie Mons, professeur de sociologie à l'université de Cergy-Pontoise, Christian Forestier, ancien recteur et administrateur général du CNAM, François Bonneau, président de la région Centre et vice-président de l'ARF en charge de l'éducation, et Marie-Françoise Colombani, éditorialiste au magazine ELLE. Trois « technos » et une journaliste, tous choisis, j’imagine, pour la neutralité et  la salutaire distance qu’ils vont établir avec le vaste sujet de la réflexion…

 

Quant aux questions, ce sont parfois les bonnes, comme par exemple « la priorité à l'enseignement primaire et aux premières années d'apprentissage » en « dégageant les contenus, les méthodes et les modes d'organisation les plus efficaces » pour « s'attaquer au noyau dur de la difficulté scolaire », «l'ensemble de la scolarité obligatoire et ses enjeux, en particulier pour faire diminuer les sorties sans qualification et améliorer l'orientation ». Magnifique. Qui pourrait se prononcer contre ? Tout dépend des réponses qui seront données – et c’est là que  la situation  se corse : en effet,  les autres «questions décisives » sont  «l'amélioration des rythmes scolaires » (en clair, comment faire travailler plus les personnels en ne les payant pas davantage,  tout en  leur demandant de participer eux-mêmes à la destruction de leurs propres statuts) et « le recours à des méthodes de travail renouvelées et aux outils numériques », qui ouvre peu ou prou sur une didactisation gadgétique à l’efficacité aussi mousseuse qu’aléatoire.

Tout ceci permet surtout d’éviter de poser les questions qui fâchent, et particulièrement celle des programmes, autour de laquelle tout devrait s’articuler si l’on veut  vraiment re-fonder l’Ecole, c'est-à-dire  lui redonner, stricto sensu, des fondations, des fondements et des fondamentaux.

 

Les ministres évoquent également « la mise  en  place  d'une formation initiale et continue de qualité (…)  afin de revenir sur les graves insuffisances de la situation actuelle et pour adapter le métier de professeur aux nécessités de cette nouvelle ambition pour l'école » : comment ne pas comprendre « IUFM, le retour… » ? Car pourquoi changer des méthodes et des pratiques qui ont fait la preuve de leur inefficacité, puisque, dans l’esprit de leurs thuriféraires, la crise de l’Ecole vient précisément de ce que l’on n’est pas allé assez loin dans l’autonomie des établissements, l’expérimentation à tous crins, la déconcentration, l’élève au centre du projet, le décloisonnement, l’allégement des contenus et l’antibisme transcendantal ?



En ce qui concerne les quatre groupes de travail, il est parfois permis de s’interroger sur les critères de choix des personnalités qui les pilotent.  Rien d’étonnant, a priori, à ce que le premier, « la réussite scolaire pour tous », soit présidé par Nicole Belloubet, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées, ancienne rectrice de Limoges et Toulouse,  et présidente d'une association nationale d'éducation populaire, la FOEVEN. En revanche, j'ai du mal à saisir au nom de quelle logique Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national du cancer, présidente du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et membre du Comité à l'énergie atomique, va présider le second,  « les élèves au cœur de la refondation », sauf à en déduire que le sujet est particulièrement explosif, naturellement (OK, je sors cinq minutes). Le troisième, « un système éducatif juste et efficace », sera chapeauté  par un certain Francois Momboisse, président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, ce qui plonge la Présidente dans un abîme de perplexité…  J’aimerais, en toute bonne foi, moi qui ai toujours pensé que l’Ecole n’est pas une entreprise, que l’on m’explique en quoi la VPC peut servir de modèle d’efficacité scolaire. Mais je dois avoir mauvais esprit, je le crains, ou alors je suis déjà blonde (voir plus loin).

J’ai gardé pour la bonne bouche le bien connu Yves Durand, ancien vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée, co-rapporteur de la mission d'information parlementaire sur les rythmes scolaires au primaire et membre de la mission d'information parlementaire sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants ; il présidera  le dernier groupe de travail, « des personnels formés et reconnus », et tiendra donc sur les fonds baptismaux le nouveau bébé qui se substituera aux  IUFM comme  le Bitter San Pellegrino ® remplace le Campari ®.

 

Enfin, le fait que Bruno Julliard soit chargé de la concertation et de la préparation de la loi d'orientation est à lui seul susceptible de désespérer définitivement tout enseignant de terrain et de bonne volonté (zeugma). Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre lui en tant que personne, mais comment prendre au sérieux un jeune homme qui n’a jamais vu d’élèves autrement qu’en photo, et qui, passé directement de la direction de l’UNEF à celle du PS, n’a à aucun moment mis un tant soit peu les mains dans le cambouis ?

 

Bref, tout ce dispositif technocratique ne laisse rien présager de bien positif. Le souvenir cuisant des consultations Prost et Meirieu, soigneusement bidouillées, est encore dans toutes les mémoires, et la Présidente, assez échaudée par les précédentes expériences pour se sentir aussi méfiante que le Sioux qui vient de naître, s’engage ici solennellement à se faire TEINDRE EN BLONDE PLATINE (ceux qui me connaissent imaginent aisément le résultat) s’il ressort de cette grrrrande concertation autre chose qu’une synthèse pour ainsi dire déjà rédigée et qui ressemblera comme deux gouttes d’eau à tout ce qui est proposé depuis des mois par les pédagogues socialistes et assimilés.

 

Alors, que faire ? « Un site internet est mis en place dès aujourd'hui afin que les citoyens à titre individuel (puissent) contribuer au débat », précise le ministère. De son côté, la FSU vient d'ouvrir un site destiné à accueillir les contributions,  http://www.desideespourleducation.net/

Rien ne nous/vous empêche d’y faire parvenir vos cogitations, ne serait-ce que pour rompre un tant soit peu avec ce qui ne devrait pas être une unanimité de façade. Il y a des moments où quelques fausses notes ne nuisent en rien à la beauté d’un ensemble, n'est-ce pas.

 

Parce que nous ne sommes pas des opposants systématiques, l’association Reconstruire l’Ecole ne demande qu’à être heureusement surprise, et applaudira tout ce qui ira dans le sens de ce qu’elle revendique depuis des années. Mais il faut avouer que cette Concertation, telle qu’elle semble s’organiser, ne laisse pas d’inquiéter quant à ce qui en sortira.

Puisse la montagne ne pas accoucher d’une méchante souris…

 

NB : Les membres conviés  :

http://www.refondonslecole.gouv.fr/wp-content/uploads/2012/07/les_premiers_membres_de_la_concertation.pdf

 

Et toujours, le site de RE, http://www.r-lecole.fr/

 



 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 17:45

 

 

 

 

 

 

Objet d’étude : l’épistolaire…


ou : lettre de Vincent Peillon et George Pau-Langevin à tous les personnels de l’éducation nationale

 

 

 

Le BOEN du 26 juin 2012 publie une longue lettre de Vincent Peillon et George Pau-Langevin à tous les personnels de l’éducation nationale : http://www.education.gouv.fr/cid60743/page.html


N’écoutant que son courage et nonobstant, pêle-mêle, sa fatigue de fin d’année, les quarante degrés à l’ombre sur les Bouches du Rhône et les sautes d’humeur de son ordinateur,  la présidente de RE, qui enseigne le français et les langues anciennes depuis 1977, entreprend donc, cherchant son énergie dans les talons,  d’effectuer le commentaire de ce texte, munie de tous les outils d’analyse à sa disposition et de son coutumier mauvais esprit.

 

Comme le sait tout candidat au bac (1), le discours épistolaire obéit à certaines caractéristiques qu’il est facile de repérer, en particulier un ensemble de conventions liées à des usages sociaux ou amicaux variables  --  de la lettre d’amour à la lettre de rupture en passant par la lettre administrative et autres -- , et une énonciation à la première personne portant la marque du destinateur. Rappelons également qu’une lettre est en général un texte construit, et que sa visée, argumentative ou autre, passe par la mise en place de stratégies rhétoriques de persuasion ou de séduction  cherchant à en faire une parole performative, c'est-à-dire qui soit en elle-même une action. C’est cette articulation entre la stratégie épistolaire et la performativité de l’écrit que nous nous proposerons ici d’étudier.

 

Une fois définie la problématique de notre commentaire (2), commençons donc, comme tous les bons élèves, par expliquer le titre. « Lettre à tous les personnels de l'éducation nationale » : c’est clair, direct, informatif et rassembleur. On notera le « tous », qui englobe enseignants et non-enseignants, de la maternelle à l’Université, unis dans la même grande famille de l’éducation nationale, où tout le monde s’aime ou du moins le devrait. Bref, ça commence plutôt bien.

 

Il nous faut également dire un mot de l’énonciation. La lettre se présente comme écrite  à quatre mains, par Vincent Peillon et George Pau-Langevin. Difficile exercice malgré quelques illustres précédents. Il faut une harmonie parfaite pour travailler ainsi, être frères, sœurs (les Scudéry, les Goncourt, les  Groult) ou amis proches (Erckmann-Chatrian, Boileau-Narcejac, Fruttero et Lucentini). Ici le tandem est d’autant plus intéressant qu’il unit un homme blanc et une femme antillaise, ce qui constitue un signe subliminal qui mérite commentaire. NOUS (Vincent + George, comme Sand de surcroît) VOUS (les personnels de l’éducation nationale) écrivons. Belle maîtrise des indices, et captatio benevolentiae d’autant plus efficace qu’elle est discrète. Normale, quoi.

 

Le texte proprement dit débute dans un registre politico-lyrique du meilleur aloi. On note par exemple « une certaine idée de la France, de la République et de l'humanité »  tressant avec une certaine habileté le motif gaullien et un rythme ternaire progressif qui fait son petit effet. On appréciera également le balancement fort bien conduit dans « l'objectif d'une refondation républicaine de l'École et d'une refondation de la République par l'École », qui emporte tout de suite  l’adhésion. De manière générale, tout l’exorde, dans le fond comme sur la forme, est convaincant : « laïcité », « refondation », « intégration », « progrès », « espérance », « justice », « ambition », « promotion », « justice sociale », « rétablir le respect », tous ces mots sont des baumes sur le cœur de l’enseignant meurtri par cinq ans de sarkozysme borné.

 

Pourtant, il en manque un, cruellement absent de l’ensemble du texte : le mot « instruction ». Et son absence fait sans doute plus sens que la présence de tous les autres. Un seul mot nous manque, et tout est compromis…

 

Car c’est ici que le destinataire doit commencer à se montrer vigilant. Après cette entrée en matière alléchante, que « tous les personnels », effectivement, ne peuvent que plébisciter, les détails, où se cache le diable, ont en effet de quoi susciter une légitime méfiance.

 

L’école primaire est qualifiée de « première priorité », et on peut alors lire  de prime abord, de belles intentions, en particulier concernant la scolarisation des tout-petits, la création de mille postes et « l’acquisition des savoirs fondamentaux ».

Cela dit, pour en revenir à la « première priorité », l’intention stylistique de ce polyptote pléonastique, malheureusement devenu, au fil des années, une tarte à la crème du jacassin politico-médiatique, se retourne contre ses auteurs. L’unité de ton avec l’exorde, hautement rhétorique, est dorénavant brisé par cette « première priorité » qui  fait retomber le soufflé républicain des premiers paragraphes. C’est à présent de pédagogie que l’on va parler, et pas forcément de la meilleure, comme l’indique le flou de la formulation selon laquelle elle doit « être attentive aux travaux de la recherche » : s’agirait-il, sans oser l’avouer pour ne vexer personne, tout en faisant plaisir à l’UNSA et au SGEN-CFDT,  de  renouer avec le constructivisme ? Il y a là un flou, et donc, comme disait la grand-mère de Martine Aubry, un loup -- armé de grandes dents : les sciences de l’éducation.

 

La suite de la lettre confirme les inquiétudes, et là plus de « nous », plus de « vous », plus de rythmes ternaires, mais un présent de l’indicatif à valeur injonctive : « le socle commun de connaissances et de compétences, inscrit dans la loi n° 2005-380 du 23 avril 2005, est  le cadre de référence de la scolarité obligatoire », et « le livret personnel de compétences actuel est inutilement complexe » mais il sera maintenu une fois amendé. «  La mise en œuvre de la réforme du lycée se poursuit à la rentrée 2012 selon les dispositions arrêtées en 2010 », ce qui signifie en clair que la catastrophique réforme Descoings, qui a fait du lycée une usine à gaz en y organisant l’enseignement de l’ignorance, est pérennisée. Seule avancée, l’histoire et de la géographie sont rétablies en terminale scientifique. Aucun changement non plus en ce qui concerne les langues vivantes, en dépit de l’opposition de nombreux personnels, syndicats et associations de spécialistes, et pas de véritable engagement sur le dispositif Eclair, qui a pourtant montré toute son inutilité.

Le passage (obligé) sur le numérique et l’e-éducation laisse le lecteur dans une interrogation sans fond : comment peut-on décider si facilement de ce qui va engager l’Ecole pour les décennies à venir, sans poser à aucun moment la question de la neutralité du numérique, qui est, justement, beaucoup plus qu’un outil ?

 

A ce stade de la lecture, le destinataire se sent saisi d’accablement : socle commun, pédagogie, lycée Descoings... On garde tout, et parfois même on persévère dans l’erreur ! Où  est donc le changement promis ?

 

C’est alors que, selon une stratégie éprouvée, les deux scripteurs soufflent le chaud et le froid, et, avec quelques lignes assez rassurantes sur « l’autorité », la « sérénité » et la « sécurité », laissent entendre, avec la création de postes de CPE et d’AE,  leur volonté de rétablir, dans les établissements, « un climat favorable aux apprentissages ».

 

Mais le paragraphe suivant, très maladroit, détruit définitivement  ce fragile édifice. En choisissant de conclure sur la formation des maîtres, les auteurs ont cru garder le meilleur pour la fin, et boucler en apothéose leur message aux personnels. Hélas, trois fois hélas, les « écoles supérieures du professorat et de l'éducation qui seront opérationnelles dès 2013 (et où) tous les professeurs, quel que soit le niveau d'enseignement auquel ils se destinent, partageront un moment de formation commun » semblent nous ramener aux « bons vieux » IUFM  qui ont pourtant, dès le départ, fait preuve de leur nocivité – qu’on se souvienne du rapport Schwartz, soigneusement enterré en son temps pour cause de mal-pensance…

 

Quant à la péroraison, dont l’emploi des italiques souligne l’intention conclusive, il s’appuie sur une auctoritas, «  Le Président de la République »,   et rappelle « la priorité qu'il accord(e)  à l'École de la République ». Le registre lyrique-épique reprend ici ses droits ; mais comment comprendre « C'est une question de moyens, mais aussi de valeurs » ? QUELLES valeurs ? Celles de la République, me direz-vous, mais qui sont de facto démenties par le maintien du socle commun, la continuation du lycée Descoings, et le retour des IUFM…  N’est-ce pas une  manière de dire qu’il y aura à la fois peu de sous et beaucoup de sciences de l’éducation ?  

« Il convenait d'indiquer déjà qu'un changement a bien eu lieu » : lequel ? Si l’on excepte l’abrogation du  décret n° 2012-702 du 7 mai 2012 relatif à l'évaluation des personnels, rien de ce qui a été entrepris par la droite n’est véritablement remis en cause. En somme, dorénavant, tout sera comme avant. Tout se passe comme si le parti socialiste, prenant acte du sale boulot accompli par l’UMP ces dernières années (ou secrètement ravi de ne pas avoir à l’accomplir lui-même…), entendait s’en contenter en ne le retouchant qu’à la marge, et dans un sens qui ne peut nous convenir.

 

C’est pourquoi, à notre grand regret, nous ne pouvons conclure qu’en réaffirmant que nous n’avons pas été convaincus par cette lettre, qui dit pour ne pas faire, ou pour faire pire. Si la rhétorique en est parfois républicaine, le bilan performatif est plus que décevant, comme dans ces opéras où l'on chante "Marchons, marchons" en restant sur place : soit on n'agira pas, soit on persévérera dans l’erreur. La défiance sera donc de mise, mais aussi la vigilance. L’association Reconstruire l’Ecole est toute disposée à accueillir avec bienveillance tout ce qui ira dans le sens du devoir d’instruction publique auquel elle rappellera inlassablement les ministres… mais quelque chose dit à la présidente que nous allons vers « de rudes combats »…

 

Dernière minute et perplexité :

http://www.lexpress.fr/education/quatre-personnalites-pour-animer-la-grande-concertation-de-peillon_1132369.html

 

 

      Notes : 

 

(1)http://www.toutpourlebac.com/dossiers/156/bac-fiche-francais--lepistolaire--de-la-lettre-au-roman/426/les-caracteristiques-de-la-lettre.html

(2) Je suis scolaire, voilà ma gloire, mon espérance et mon soutien

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 22:08

 

 

 

 

 

 

 

Avec le retour aux affaires du Parti Socialiste (nooooon, ce n’est pas une fine allusion à M. Guérini…) et la nomination sans surprise de Vincent Peillon à l’Education Nationale, on ne doit s’étonner ni de voir réapparaître au ministère quelques têtes connues comme  MM. Duwoye, Siné et Delahaye, (sans oublier, naturellement, M. Jean-Jacques Hazan, parent d’élève professionnel, et l’immarcescible Bruno Julliard), ni de réentendre des fadaises que cinq années de dékhonnage à droite-droite nous avaient quelque peu fait oublier.

 

Changer de gouvernement, serait-ce donc juste changer de bêtise, comme on dit changer d’air, de coiffure ou de chemise ?

 

On peut se le demander quand on entend le ministre, manifestement cornaqué de très près par le SGEN-CFDT, l’UNSA-FEN et la FCPE, annoncer à grands sons de trompe devant les parents d’élèves de la PEEP qu’il a l’intention de « faire évoluer la notation » , -- ce qui, ô surprise, a immédiatement été compris par tous les thuriféraires de l’élève au centre et du système finlandais, comme la fin pure et simple de la notation. Emporté par son élan, après avoir à plusieurs reprises souligné la grande souffrance des écoliers français, V. Peillon a affirmé au congrès de la FCPE vouloir être « le ministre des élèves ». C’est beau comme l’Antique.

 

Loin de moi l’idée de me lancer dans des jeux de mots fâcheux sur le lycée Papeillon, ni même d’entonner le grand air indigné du laxisme à l’école : si les moyennes désastreuses et les zéros pointés permettaient de faire progresser les potaches, cela se saurait. Il ne s’agit donc pas pour moi de défendre les notes pour le plaisir de défendre les notes, mais simplement d’essayer, si c’est possible, de poser les problèmes de manière sérieuse.

 

Qu’il ne soit pas agréable de « se prendre une taule » (une bulle, une caisse, une pêche, une moque…), surtout quand on a l’impression d’avoir sérieusement travaillé, personne ne le contestera. De là à parler d’enfants aussi traumatisés que les petits Japonais (qui, rappelons-le, en viennent parfois à se suicider tant ils sont sous pression), il y a tout de même un pas qu’il faut éviter de franchir sauf à oublier ce que parler veut  dire. Répétons-le , nos collègues sont des professionnels de l’enseignement, pas une bande de sadiques aigris qui se défoulent de leur mal-être existentiel en « sacquant » les chères têtes blondes, brunes et rousses. Tout se passe comme si, de fait, c’étaient surtout les parents qui étaient en souffrance – la fonction de géniteur d’apprenant suscitant, on peut le croire, une teneur en stress nettement supérieure à  la moyenne. Les surrénales, sans doute…

 

Donc, sérieusement : on va supprimer la notation, au moment précis où tous les défenseurs de l’évaluation se retrouvent aux manettes. Certes, il ne s’agira pas de l’évaluation de droite, qui, air connu,  n’est pas bonne, mais de celle de gauche -- celle qui, j’ignore par quel miracle, se trouvera soudain parée de toutes les vertus pédagogiques. L’évaluation, on le sait, est le maître-mot du « socle commun », dont le livret de compétences est dorénavant à remplir pour la première fois de manière nationale en troisième.

Rappelons à ceux qui ont loupé un épisode du feuilleton que ce livret est censé évaluer non seulement des compétences disciplinaires, mais aussi des « savoir-être », en clair des comportements, comme par exemple, dans les « compétences sociales et civiques », « mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable et agir en conséquence » « prendre conscience des enjeux citoyens de l’usage de l’informatique et de l’internet », « s’impliquer dans un projet individuel ou collectif », « participer à un débat, à un échange verbal », connaître le « rôle de la défense nationale », « se familiariser avec l’environnement économique, les entreprises, les métiers de secteurs et de niveaux de qualification variés », « s’engager dans un projet individuel, s’intégrer et coopérer dans un projet collectif, manifester curiosité, créativité, motivation à travers des activités conduites ou reconnues par l’établissement, assumer des rôles, prendre des initiatives et des décisions », sans oublier les « attestations scolaires de sécurité routière », « « apprendre à porter secours » , et j’en passe.

Bref et si j’ai bien compris, pour valider tous ces items, l’élève Kevin Dugenou devra trier ses déchets, ne pas aller zyeuter des cochoncetés sur internet, participer au club Unesco, jouer le jeu du débat citoyennisant, saluer les couleurs, lire les cours de la Bourse, être délégué de classe, et traverser dans les clous : bref, le rejeton de la famille Ricoré, que dis-je, un véritable amour d’enfant, parfaitement conforme aux canons de la bien-pensance en cour !

 

Que l’on me permette de préférer la brave et honnête « composition », qui, par la notation,  n’évaluait QUE la capacité de l’élève, au moment M, d’accomplir la tâche T, qu’il s’agisse de l’accord du participe passé, de la règle de trois ou du pluriel des noms en –ou. L’évaluation par compétences, parfaitement intrusive, aurait dû, en bonne logique, horrifier des parents d’élèves pourtant si soucieux de l’épanouissement de leur géniale progéniture bien peignée. Manifestement, quelque chose leur a échappé – et je parie volontiers que dans quelques années, si ce type d’évaluation comportementale  se généralise dans tout ce qu’elle a de normatif, ces mêmes parents demanderont avec véhémence le rétablissement de la notation.

 

Alors, soyons encore sérieux cinq petites minutes : renoncer aux notes, c’est juste un gadget, qui a principalement l’avantage de ne pas coûter un sou. Au lieu de supprimer la notation, mesure aussi stupide qu’inutile, le ministre et son équipe s’honoreraient de remettre de l’Ecole à l’école, afin de venir en aide à tous ceux qui n’ont, justement, que l’Ecole pour apprendre.

 

V. Peillon n’a pas à être le ministre des élèves, ni le ministre des parents, ni le ministre des enseignants, ni même le ministre de l’éducation, mais le ministre de l’instruction publique, -- et c’est à ce DEVOIR D’INSTRUCTION PUBLIQUE que Reconstruire l’Ecole, opiniâtrement, obstinément  et sans rien lâcher, le rappellera.

 

 

 ... et toujours, le site de RECONSTRUIRE L'ECOLE, http://www.r-lecole.fr/

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 16:15

 


 

 


 

 

 

      


Réunion-débat organisée par l’Institut de recherches de « Reconstruire l’école »

Samedi 2 juin, 14 h, lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris

 

 

On célèbre en juin 2012 le centenaire de la naissance d’Alan Turing. Bien avant l’apparition des premiers ordinateurs, Turing donna son nom à une « machine abstraite » qui constitue le fondement de l’informatique et de l’ensemble de ses développements actuels. C’est pourquoi l’Institut de recherches de « Reconstruire l’école » (I.R.R.E.) a choisi pour sa première manifestation publique – son acte de naissance en quelque sorte – de commémorer à sa manière l’œuvre de ce mathématicien de génie qui fut aussi un « suicidé de la société ». Au cours de la réunion-débat intitulée « L’école est-elle une machine de Turing ? », nous essaierons d’aborder les principaux problèmes que pose l’interférence entre les pratiques d’enseignement et celles qui dérivent, directement ou indirectement, de l’informatique. Car les TICE ne sont pas seulement un « outil », relativement neutre, comme put l’être en son temps la « télévision scolaire » : l’introduction de l’informatique à l’école implique la décomposition des savoirs disciplinaires et leur réorganisation en « compétences évaluables » ; elle implique donc aussi tout ce qui relève d’une « culture de l’évaluation », qu’il s’agisse des élèves ou des professeurs ; elle a enfin des conséquences sociales, politiques et philosophiques qui dépassent le cadre strictement scolaire et contribuent à la genèse d’un monde nouveau dont on peut se demander s’il est vraiment souhaitable mais auquel on veut adapter dès la première enfance l’ensemble des futurs citoyens.

 

Programme

 

Jean-Pierre Weill, Inspecteur Général des Lettres : « Culture de l'évaluation : une contradiction dans les termes? »

La prétendue culture de l'évaluation masque la nécessité de toute évaluation et ruine à force de normes épanouissement et création. Il y a lieu de s'interroger, surtout dans l'enseignement sur les conditions d'un équilibre entre un regard objectif et la liberté du professeur et des élèves.

 

Florent Gouget, professeur de Lettres : « Contre l'Ecole numérique »

A l'heure où l'équipement numérique de l'école fait consensus au niveau politique et syndical, toutes les critiques se résumant à celles des moyens attribués, Florent Gouget invite à voir dans l'invasion numérique une attaque contre le cœur de ce qu'est, ou devrait être, l'enseignement.

 

Pedro Cordoba, maître de conférences honoraire : « Le didacticien, l'autiste et l'excellisation des savoirs »

A la (ré)éducation des malades par les thérapies comportementalo-cognitivistes fait écho le traitement des élèves par les sciences de l’éducation. Réflexion sur ce curieux chassé-croisé entre l’école et l’hôpital.

 

 

 

   

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 17:46
Anaphores

 

 

 

 

 

Sarkozy, c’est fini : une défaite amplement méritée, et vécue par tous ceux qui y ont un tant soit peu contribué, ne serait-ce que par leur vote, comme un véritable soulagement.  

 

A l’occasion du débat qui opposa voici quelques jours les deux finalistes, la gent journalistique découvrit, émerveillée ébahie ravie, l’existence de l’ANAPHORE http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/05/03/moi-president-de-la-republique-letrange-anaphore-de-hollande-231816, stupéfaction indiquant bien, soit dit en passant, que le niveau ne monte pas plus à l’ISFJ que chez le lycéen lambda…

 

La présidente de Reconstruire l’Ecole, n’écoutant que sa présomption et conjoncturellement revigorée par la victoire du candidat socialiste, n’hésitera donc pas une seule seconde avant de se lancer elle aussi dans le jeu de l’anaphore.

 

Si François Hollande, Président de la République, ne restitue pas à l‘Education nationale, comme il s’y est engagé, les postes dont elle a besoin, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne revient pas, comme il s’y est engagé, sur le décret n° 2012-702 du 7 mai 2012 confiant aux chefs d’établissement l’évaluation des enseignants, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne redonne pas leur valeur aux concours du CAPES – et d’abord en supprimant la honteuse épreuve de servilité dite « agir en fonctionnaire de l’Etat » --, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne rétablit pas l’année de stage des néo-titulaires, il nous trouvera résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, sous prétexte de réimpulser la recherche en pédagogie, se contente de ressusciter le fonctionnement monocolore des IUFM en y consacrant l’hégémonie du constructivisme et des pseudo-sciences de l’éducation, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne revient pas sur la scandaleuse réforme de la licence, qui a fait de l’examen un parchemin sans valeur ni contenu, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, n’abroge pas la LRU et le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 réformant le statut des enseignants-chercheurs, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, n’entreprend pas de limiter les effets délétères de la mastérisation, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne rétablit pas le caractère national du « mouvement » (pour les non-initiés, des affectations et mutations), il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, sous couvert de favoriser l’expérimentation dans les établissements et d’assouplir leur fonctionnement, renonce aux examens, concours et programmes nationaux, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, n’abroge pas la désastreuse réforme Descoings, qui a fait du lycée une usine à gaz, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, porte atteinte, sous prétexte d’ouverture sociale, aux CPGE, (seules niches préservées dans le post-bac avec les BTS et les IUT), il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, n'organise pas un débat pluraliste sur les programmes, tout d’abord ceux du primaire, et ne rappelle pas fermement l’impérieuse nécessité, pour tous les enfants qui n’ont que l’Ecole pour apprendre, de savoir lire, écrire, compter et calculer, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, n’envisage pas de revenir sur le « socle commun », ce smic culturel qui méprise l’intelligence des élèves, et d’abolir les « livrets de compétence » à remplir cette année pour la première fois de manière nationale en troisième, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne reconnaît pas l’importance d’une revalorisation des séries littéraires, tout particulièrement pour ce qui concerne les langues anciennes, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, entreprend en quelque manière de toucher aux statuts des enseignants, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, envisage, au nom d’une hypothétique pacification scolaire, de faire la moindre fleur à l’enseignement privé, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne revient pas sur les accords de Latran en rétablissant le monopole de la collation des grades, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne revient pas sur les avantages fiscaux dont bénéficient les structures (privées) de soutien scolaire ou les officines comme la « Fondation pour l’Ecole », il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne donne pas aux enseignants les moyens de faire leur travail sans être harcelés par leur hiérarchie et/ou les parents d’élèves, dont la marge d’intervention au sein des établissements mérite d’être clarifiée, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

Si François Hollande, Président de la République, ne prend pas des mesures susceptibles de protéger nos collègues des violences physiques, pressions psychologiques et autres calomnies s’étalant sur les divers réseaux sociaux, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

 

Nous n’ignorons pas que le programme socialiste pour l’Ecole est largement inspiré des thèses de l’UNSA-FEN et du lobby provisoral « Education et devenir », avec une touche de SGEN-CFDT en renfort de potage. Si François Hollande, président de la République, ne se montre pas assez pragmatique pour comprendre que ces sensibilités sont minoritaires dans le corps enseignant, il nous trouvera, résolus, sur son chemin.

 

Notre intense satisfaction de voir messieurs Chatel et Sarkozy coiffés du bonnet d’âne et relégués au coin après avoir reçu un sérieux coup de règle sur les doigts ne signifie pas pour autant que nous accordons des bons points a priori à François Hollande, Président de la République.

Car nous avons de la mémoire.

Nous nous souvenons d’Allègre, de sa violence haineuse, de sa morgue, de son mépris.

Nous nous souvenons de Meirieu, de sa « consultation des lycéens » si scandaleusement démagogique, et des dérives que celle-ci entraîna en termes de déréglementation de l'école et d'instauration d'enseignements sans contenu ni programme, comme les TPE et l'ECJS.

Nous nous souvenons de Mme Royal proposant, devant un parterre ricanant de proviseurs et de principaux épanouis par leur propre audace, de porter à 35 heures le service hebdomadaire des professeurs de collège et de lycée.

 

R.E., comme le collectif Sauver Les Lettres et quelques autres associations de défense de l’Ecole et des humanités, naquit des « comités anti-Allègre », et peut repartir au combat « avec sous les talons les côtes de Rossinante, et sur les grands chemins le bouclier au bras ».

C’est pourquoi, à présent que François Hollande est élu Président de la République, nous resterons en permanence critiques et vigilants, afin de le rappeler au devoir d’instruction publique. Résolus.

 

 

 

Et toujours, le site de "Reconstruire l'Ecole" : http://www.r-lecole.fr/

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 17:54

 

 

 

 

 

 

Ils ont voté, et puis ça y est….

Dimanche soir à  vingt heures, pour tout dire, le premier sentiment fut la honte pour mon pays, celle de voir Mme Le Pen, parée des oripeaux de la laïcité, de l’anti-système et de la souffrance populaire, porter le score de son parti à un niveau historique. Tant de cours d’ECJS pour en arriver là, ce serait risible si ce n’était pas tragique. Quel immense échec de ce catéchisme citoyennisant !

Le second fut la déception : les deux candidats qui portaient le moins mal les espérances des défenseurs de l’Ecole et des humanités n’ont pas atteint, tant s’en faut, les pourcentages espérés.

 

Reste à présent à choisir entre MM .Sarkozy et Hollande.

Le premier, en cinq ans de mandat, n’a  tenu aucune de ses promesses prétendument « républicaines » pour réintroduire de l’instruction à l’Ecole :  suppressions massives de postes, calamiteuse mastérisation, sabotage des concours de recrutement, envoi au casse-g…. des néo-certifiés ou néo-PLP, une intégration des IUFM à l’Université qui n’a jamais remis en cause la suprématie des pseudo-sciences de l’éducation, la licence bradée, les lycées transformés en usines à gaz grâce à la calamiteuse réforme Descoings, dont on ne dira rien par égards à la mémoire du défunt… Le bilan  du président-candidat est accablant et ne peut en aucun cas être défendu.

En ce qui concerne M. Hollande, nous ne  nous faisons guère d’illusions sur les propositions de son équipe en matière d’éducation. Avides de retrouver les places qu’ils n’ont jamais véritablement perdues, ses amis pédagonigologistes, nous le savons, piaffent d’ores et déjà dans les starting-blocks, si je puis oser cette métaphore hardie. 

Certes, et c’est évidemment positif, le candidat socialiste s’est engagé à restituer les soixante mille postes supprimés.  Il ne sera certainement pas celui qui ricanera maintes fois en public sur La Princesse de Clèves. Pour le reste – mais nous ne demandons qu’à être heureusement surpris, naturellement – rien de très emballant (euphémisme). Par conséquent, bien sûr, à supposer (ce qui demeure de l'ordre du probable) que les mesures prises par le futur ministre socialiste de l'Education s'avèrent nocives, Reconstruire l'Ecole prendra toute sa place pour s'y opposer résolument. Mais dans l'immédiat, c'est à celles de M. Chatel, franchement détestables,  que nous sommes, depuis des années, confrontés, avec les désastreux résultats que l'on sait. 

 

Est-ce à dire que la Présidente de Reconstruire  l’Ecole, renonçant à prendre ses responsabilités,  vous engage à aller taquiner le goujon le jour du second tour ? En aucun cas .

Comme on l’a remarqué dans le précédent article,  les deux finalistes étant, pour des raisons différentes, également déficients en matière de refondation de l’Ecole et de défense des humanités, il faudra  raisonner autrement qu’en termes de lobbying et se prononcer en fonction d’autres critères : c’est à dire se demander seulement, dans le secret de sa conscience et de son isoloir, lequel des deux impétrants à la fonction suprême mettra le moins à mal notre système français issu du programme de la Résistance et saura se montrer enfin à la hauteur de la fonction… 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 17:26

 

 

 

 

 

 

 

A quelques semaines du premier tour, un certain nombre d’adhérents et de sympathisants de « Reconstruire l’Ecole » me demandent pourquoi l’association, en ce contexte pré-électoral, ne donne pas de consigne de vote,  tant la situation est grave sur le front scolaire, de la maternelle à l’Université.


La réponse sera brève et se trouve dans les statuts : RE n’a pas vocation à s’engager nommément pour tel ou tel candidat au suffrage.


Tout au plus pourra-t-on, à l’examen de leurs programmes, remarquer que certains postulants, dont les convictions laïques et républicaines sont hautement sujettes à caution, sont naturellement à rejeter. Il est également possible, au vu du bilan du président-candidat, d’émettre de fortes réticences, -- tout comme, du reste, vis-à-vis de son principal challenger : entre les gestionnaires de l’un et les pédagogues-sic de l’autre, il n’est pas scandaleux de voir ailleurs, -- et de considérer qu’untel qui considère qu’il faut refonder l’école sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre , ou tel autre affirmant que tout enfant entrant en sixième doit savoir correctement lire, ne peut pas être absolument mauvais.


Pour ce qui est du second tour, à supposer que les deux favoris des sondages s’y retrouvent effectivement, on ne peut établir qu’un constat : les projets pour l’école de MM. Hollande et Sarkozy étant, pour des raisons différentes, absolument et également négatifs , nous devrons nous prononcer en fonction de critères plus globaux, et nous demander seulement, dans le secret de nos consciences et de nos isoloirs, lequel de ces deux prétendants à la fonction suprême, mettant le moins à mal le modèle français issu du programme de la Résistance, sera le meilleur pour notre pays.

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 21:25

 

 

 

 

 

 

                                     Petit rappel pour les grand-sudistes ! 

 

 

http://grillon-anosyros.blogspot.fr/

 

 

Hommage à Jacqueline de Romilly

 

Organisé par le Comité de jumelage "Grillon - Ano Syros"

Présidente : Françoise SISTERON

12 Chemin de la Calamande

84600 GRILLON

Tél/Fax : 04 90 37 38 83

E.Mail : christian.sisteron@wanadoo.fr

 

DIMANCHE ler Avril 2012 - Maison Milon - Grillon

  • 9 H Accueil
  • 9 H 30 Conférence Jacqueline de Romilly: L'amour du Grec, Combat de toute une vie.

par : Sabine Schneider, secrétaire de l'association S.E.L.(Sauvegarde des Enseignements Littéraires). Cécilia Suzzoni, professeur honoraire de chaire supérieure au lycée Henri IV Présidente de l'association A.L.L.E. ( Le latin dans les littératures européennes).

  • 11 H 30 Projection « Jacqueline de Romilly, la vigie grecque »
  • l2 H 15 Pause Gourmande et Musicale.
  • 14 H 15 Table ronde Débat sur la défense de l'Enseignement des Lettres Classiques.

avec : Etienne Roland, modérateur, ancien directeur de l’École Française d'Athènes, professeur émérite d'archéologie grecque Paris 1. Françoise Guichard, professeur de lettres classiques, présidente de Reconstruire l’École. Christian Mazet, étudiant à l’École du Louvre. Michelle Gally, professeur de lettres, auteur de « Le bûcher des humanités ». Sabine Schneider, (voir conférence du matin)

  • 16 H Table ronde Débat sur la place et L’importance de la Grèce dans I'Europe aujourd'hui.

avec : Effy Tselikas, journaliste à « Libération »et « Ta Néa »,  Luc Douillard, initiateur de « L'appel de Nantes : Je suis Grec aussi »,  Etienne Roland, (voir lère table ronde). Cécilia Suzzoni, (voir conférence du matin)

En parallèle de cette journée, une expo, des livres. Un apéritif clôturera cette manifestation, toujours en musique.

 

Accès libre

 

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 18:39

 

 

 

 

 

 

Latine loquimini ? Qui hoc legitis, scribite mihi de linguis antiquiis !


 

Dans le cadre d'une journée d'hommage à Jacqueline de Romilly, qui se tiendra à Grillon près Grignan (Drôme provençale) le 1er avril prochain -- non, ce n'est pas une blague ! --, j’aurai le plaisir et l’honneur de participer à une table longue consacrée à la défense des enseignements de langue ancienne

(programme complet sur http://grillon-anosyros.blogspot.com/ ).

 

Comme j'aimerais y parler d'autre chose que de la prépa, et "coller" le plus possible à la réalité du terrain, en collège comme en lycée, j’ai besoin de vos témoignages et de vos suggestions.


Quelques questions un peu en vrac :


Les horaires officiels sont-ils respectés dans votre établissement ? Y regroupe-t-on des niveaux, et comment parvenez-vous à gérer ces regroupements ? Les cours de LA sont-ils assurés sur des créneaux corrects et par des personnes qualifiées ? Avez-vous l’impression que votre cours de latin ou de grec assure une fonction de tri scolaire et/ou social ? L'administration de votre établissement joue-t-elle le jeu des LA, ou les relègue-t-elle au rang de variable d'ajustement ? Pouvez-vous compter sur vos IPR ou vos IG ? Quid des associations de spécialistes et de la CNARELA ? Que pensez-vous du fameux (et contesté) prix Jacqueline de Romilly ? Etc, etc...


Vous pouvez me répondre sur ce fil ou en MP, en latin comme en français ;-)


Je ferai bon usage de vos témoignages, que j'anonymerai à votre demande, naturellement.


Merci d'avance !


FGuichard

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