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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 17:52

 

 

 

 

 

 

Voici donc, tout frais sorti, le rapport de la Grrrrande Concerrrrrtation, tel que vous  pouvez le trouver en ligne ici :

 

http://www.refondonslecole.gouv.fr/la-demarche/rapport-de-la-concertation/  

 

… cinquante pages que la Présidente, n’écoutant que son dévouement à la Cause de  l’instruction publique,  vient de lire avec l’attention requise -- et, toute modestie mise à part, elle a bien du mérite.

 

Comme d’aucuns l’ont déjà relevé, le sarcasme n’est pas mon fort.  Je vais donc, avec toute l’objectivité dont je suis capable, proposer  à celles et ceux qui n’ont ni le temps ni le courage de s’avaler ce pensum, une petite synthèse  des préconisations  dudit rapport, cum commento.

 

L’évaluation, c’est bien connu de tous les enseignants, ne doit pas être décourageante a priori, mais valoriser avec bienveillance les points positifs de la prestation.

C’est donc de très bonne grâce que je reconnais aux rédacteurs de ce rapport un certain talent, et même un talent certain,  pour dire tout et son contraire, avec un art consommé de la synthèse fumeuse où seuls des esprits chagrins reconnaîtront l’expérience acquise lors d’antérieurs congrès du Parti Socialiste : comment contester la réaffirmation (p. 3) de « la place centrale de l’École comme lieu d’acquisitions et d’apprentissages, comme facteur d’intégration sociale, comme instrument de la promesse républicaine : celle d’un égal accès au savoir, un savoir qui instruit, éduque, émancipe et permet l’insertion dans la société » ? Qui diable pourrait s’opposer à la généreuse ambition « d’inverser une évolution des performances dont les indicateurs nationaux comme internationaux montrent qu’elle se dégrade » (ibid.), idée reprise pp. 9 sqq., où il est reconnu que « le niveau moyen des acquis scolaires stagne », doux euphémisme pour admettre, sans en avoir l’air, que le niveau baisse tout en ne baissant pas, comme la flèche ailée de Zénon ?  Comment ne pas se réjouir en lisant, toujours p. 3, qu’il ne s’agit « ni de se contenter d’aménager l’existant ni de mettre à bas tout l’édifice, (ni  de) refonder à partir d’une tabula rasa, mais (de) réexaminer pour donner du sens en se ressourçant sur des valeurs » ? Comment ne pas applaudir en lisant, p. 13, que « c’est (au primaire) que les élèves acquièrent -- ou non -- les bases solides nécessaires à la poursuite de leurs études » ? De même, tout Républicain digne de ce nom ne peut que souscrire au souci, p. 14, « d’éviter les affres du communautarisme et du repli identitaire », et boire du petit-lait, p. 23, devant le rappel d’une évidence douce comme le miel, selon quoi « c’est à l’École, en classe, que se transmet le socle disciplinaire robuste, solide et structuré à partir duquel se construisent les apprentissages dans leur continuité, leur progressivité et leur rigueur». On appréciera également à leur juste valeur la pertinence de remarques (passim) concernant la scolarisation des handicapés, l’importance de l’éducation à la sexualité, la lutte contre l’homophobie et le refus des discriminations.

 

 

Certes, en se montrant comme qui dirait ronchon, on pourrait objecter que « les organisations représentatives » (p. 4) ont été choisies selon des critères  quelque peu obscurs (voir http://leblogdelapresidente.over-blog.com/article-ne-nous-peillon-pas-de-mots-109776708.html), ce qui explique sans doute, toujours p. 4, que « le débat (…) n’a pas fait apparaître de clivages insurmontables »,  constat somme toute logique à partir du moment où les voix éventuellement discordantes n’étaient pas invitées à participer au concert. Mais n’épiloguons pas et revenons à notre rapport.

 

Je passerai rapidement sur toute la partie constat-diagnostic, de nature essentiellement sociologique et sur laquelle, en dépit de quelques divergences à la marge, on ne peut que s’accorder, en particulier pour tout ce qui concerne le creusement des inégalités scolaires mettant en danger le projet républicain – même si, on l’imagine, nous ne partageons pas forcément l’analyse de ses causes.

 

En revanche, les choses commencent sérieusement à se gâter p. 16, avec une présentation extrêmement tendancieuse de ce que les rapporteurs appellent « le cercle vicieux de concurrence, d’anxiété et de défiance » dans lequel est entrée notre Ecole, et qui  serait lié à des « évaluations vécues comme des sanctions », tout comme « le mal-être scolaire » (p. 17) est associé à « des disciplines dont certaines, notamment celles appuyant la sélection, sont devenues anxiogènes pour les élèves parvenus à des étapes déterminantes de leur cursus » -- comprendre, naturellement, les mathématiques, sondage à l’appui en note 4.  Consternant, parce qu’on voit venir l’arnaque, lentement mais sûrement.

 

C’est en effet à ce moment-là que le rapport  devient anxiogène pour l’infortunée Présidente, qui, en lisant (toujours p. 17) que « les pratiques éducatives traditionnelles peuvent jouer négativement sur l’estime de soi, la motivation des enfants », et « qu’elles ne s’inscrivent plus dans l’évolution des qualités humaines mises en avant par notre société (comme) la créativité, l’imagination, la collaboration… », est saisie d’un noir pressentiment et parcourue d’un frisson d’horreur anticipative. Tout le discours d’accroche laïque qui a précédé, toutes les ressources de la sociologie consensuelle, toute la phraséologie républicaine des premières pages, se trouvent désamorcés, d’un seul coup d’un seul, par ces quelques phrases où l’on peut décrypter quelque chose qui s’apparente, volens nolens, à  un retour du refoulé : le texte a beau marteler en long et en large la nécessité de transmettre et d’instruire, ce qui rentre par la fenêtre ici, c’est le désir mortifère du pédagogue-sic d’en finir une bonne fois pour toutes avec les savoirs savants, comme disent les khuistres, pour, à coups « d’expérimentations innovantes » (p. 19) et à grand renfort de numérique, tourner la page ringarde de la norme culturelle au profit de la « culture juvénile ». C’est donc avec effroi que l’on peut lire, en bas de la p. 20, qu’ « on voit bien pourtant tout le profit que l’institution scolaire pourrait tirer à s’appuyer sur les nouvelles pratiques des jeunes notamment en termes de capacités de communication entre pairs, de fabrication de solidarités horizontales et donc de collaboration, de maîtrise des nouvelles technologies ». Ben NAN. On ne voit pas en quoi le bidouillage sur les réseaux sociaux et la pratique du copier-coller pourraient contribuer à développer l’instruction publique, sauf à  confondre  pédagogie et démagogie…

 

On comprend alors ce que signifie « revisiter » au bas de la p. 21 : « (L’Ecole) doit donc se renouveler et se refonder, autour de valeurs qui lui donnent son sens et entrer dans la modernité, en revisitant (c’est moi qui souligne) les missions et les principes qui la gouvernent et auxquels les Français sont attachés » : « revisiter », c’est comme dans les mises en scène de Dmitri Tcherniakov (ceux qui ont vu son désastreux Don Giovanni à Aix il y a deux ans me comprendront) : on assassine, on découpe en tranches, on disperse façon puzzle, puis on recolle tout dans n’importe quel ordre et on attend que ça fasse sens – et ça fait toujours sens, comme un cadavre exquis, ou le joli poème dadaïste de Tristan Tzara.

 

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de trouver ou plutôt de retrouver, dans la deuxième partie du rapport (pp. 22 sqq.), toutes les formules magiques de la vieille pédagogie moderne -- comme Salvador Dali parlait du « vieil art moderne » : « transformer les contenus d’enseignement (…) mais aussi les modalités de leur transmission et leur appropriation » (p. 23), « dépass(er) les frontières académiques traditionnelles » (p. 24), prendre acte du fait que « la posture encyclopédiste, qui a tant marqué la culture scolaire française traditionnelle, est (…) dépassée » (ibid.), et, mirabile visu, l’immarcescible tarte à la crème de l’«apprendre à apprendre » via « les projets pluridisciplinaires », les « nouveaux registres de connaissances et de savoirs », « l’approche par compétences »  ((ibid. et derechef), la « relance des TPE » (p. 37) « placer l’élève, l’enfant, l’adolescent et son bien-être au cœur des préoccupations » (p. 31), le « collège où l’on apprend autrement » (p. 34), « plutôt qu’une notation-sanction, une évaluation positive simple et lisible » (ibid.)… Bref, tout le jacassin du SGEN et de l’UNSA mis à la portée des caniches ! Tout ceci, logiquement, va dans le sens d’un allégement des programmes, en particulier « à l’école élémentaire (où ils sont) jugés trop lourds » (p. 32), du « remplace(ment) progressif du redoublement, coûteux et inefficace » (p. 35) et, retour du serpent de mer, de « la suppression effective des devoirs à la maison » (p. 33), qui ravira à peu de frais les géniteurs d’apprenants :  nihil novi sub pedagogistico sole.

Tout ceci est développé pp. 30 sqq., sous la rubrique « refonder par la pédagogie », qui réaffirme l’importance des « pratiques innovantes », au prétexte que « l’école est restée dans l’ensemble fidèle à une pédagogie frontale traditionnelle » -- ce qui laisse rêveur quant à la connaissance réelle, par les crânes d’œuf de la commission, de ce qui se fait concrètement dans les classes : sans doute aurait-on dû leur proposer un petit stage chez nos amis du GRIP-SLECC ?  Car il faut « consolider les premiers pas dans la lecture », certes, mais selon les « pratiques innovantes » dont « les exemples étrangers et les enseignements de la recherche » prouvent l’efficacité.  On retrouve ici l’imparable raisonnement selon lequel l’échec scolaire vient d’une supposée absence d’innovations, et non d’expérimentations hasardeuses – ce qui me rappelle irrésistiblement les raisonnements du regrettable Staline, expliquant que l’échec de la collectivisation tenait au fait qu’on n’avait pas assez fusillé de koulaks.

 

 

C’est donc en fonction  de ces « nouvelles pédagogies », sans oublier le numérique, nouveau Schibboleth, que va se construire « une formation des enseignants de qualité » (p. 30), « qui fera toute sa place à la dimension professionnalisante,  aux côtés des savoirs académiques indispensables » (Ah tout de même).

On reconnaît ici les influences délétères du SGEN-CFDT et de l’UNSA-FEN, dont on peut identifier à plusieurs reprises les plus risibles dadas, par exemple au bas de la p. 31, avec la proposition, prétendument pour « fluidifier la transition » entre l’école et le collège, d’une « redéfinition des cycles pouvant être situés sur les deux niveaux d’enseignement « : il ne restera plus alors qu’à recréer la bivalence et le corps des PEGC !

Sans doute pour les mêmes raisons, en ce qui concerne le second degré, il n’est pas envisagé (p. 36) de « remettre en cause la réforme en cours  dans les voies générales et technologiques » dite réforme Descoings,  qui a transformé les lycées en usines à gaz. Seule « une évolution à moyen terme, par les pratiques, l’expérimentation et la formation est privilégiée », ce qui est, si l’on sait lire, un excellent moyen de ne rien faire de sérieux pour revenir en arrière : pour une fois que l’on n’aurait pas  reproché au gouvernement un rétropédalage, il semble que les rédacteurs du rapport aient préféré maintenir l’existant…  

 

 

Dans la rubrique catéchisme citoyennisant, gardons pour la bonne bouche, p. 25, « la participation aux instances représentatives et/ou à la vie associative de (l’) établissement », les « projets citoyens » p. 26, le « vivre ensemble » (ibid.), et une notion qui personnellement m’inquiète un peu dans sa formulation, celle d’un « pluralisme raisonnable » (p. 26 toujours), qui me semble sonner comme un bémol dans ce beau discours laïque.

On ne sera pas davantage étonné de retrouver le vieux couplet des « relations interpersonnelles horizontales entre tous les acteurs de l’École » (bas p. 26), dont il est clairement expliqué en haut de la page suivante que « c’est par ce type de méthodes, bien davantage que par des cours magistraux, que l’École peut, par exemple, lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes ». L’idée née des Lumières, selon laquelle la culture savante, qui donne  à chacun les outils de la raison, constitue  la meilleure arme contre les préjugés, n’a manifestement pas effleuré les rédacteurs du rapport, quelle qu’ait été par ailleurs la tonalité « républicaine » de l’avant-propos.

 

 

Et c’est ainsi, p. 27, qu’on en arrive sans surprise à « la nécessaire rénovation du socle commun »,  à la « rénov(ation) de notre système d’évaluation qui produit trop souvent de la démotivation et de la mésestime de soi » (p. 28), ce qui va enchanter M. Antibi,  et à  une ouverture de l’Ecole aux familles « afin de leur reconnaître davantage de responsabilité dans les parcours et l’orientation de leurs enfants » (ibid.), avec en particulier  « davantage de liberté (…) dans l’orientation en fin de 3e », et même la proposition  « d’expérimenter la possibilité de laisser le dernier mot aux parents en matière d’orientation en fin de seconde (…) et sur le redoublement à tous les niveaux de la scolarité » (p. 38).  -- Les enseignants en seront-ils pour autant dispensés d’assister aux conseils de classe ??? Oui,  je sais, j’exagère – mais à peine.

 

 

Si je veux être totalement objective et ne pas faire preuve de malhonnêteté intellectuelle, j’observe avec plaisir que le rapport insiste, p. 29, sur la nécessité d’outils « moins prescriptifs », avec  « (des) réformes (qui) doivent être désormais mieux préparées, selon un processus participatif, associant les acteurs de terrain, personnels comme institutionnels », et une « conception des programmes scolaires (qui)  prenne en compte l’avis des enseignants ». Cela dit, la création (bas p. 29) d’une « instance indépendante qui coordonnerait (la) politique d’évaluation » des réformes peut laisser craindre, une nouvelle fois, la prise de pouvoir par les experts en expertisation de l’expertise.

 

 

Un mot, enfin, sur la question des « rythmes éducatifs adaptés et respectueux des besoins des enfants » (p. 40). Loin de moi l’idée d’entrer dans une polémique complexe sur la valeur scientifique de la chronobiologie (personnellement, mon pic de vigilance se situe entre 23 h et minuit, mais je ne pense pas pouvoir convoquer mes étudiants sur ce créneau-là sans créer quelques graves malentendus…), mais on peut s’étonner de voir que l’alibi de ladite chronobiologie permet de modifier l’approche du temps scolaire sans garantie d’amélioration de la performance des élèves (pardon pour les génitifs en cascade…) , et au grand dam des enseignants qui, de facto, vont travailler plus pour gagner aussi peu, surtout si l’on envisage, de manière totalement irréaliste, « d’allonger d’une à deux semaines la durée de l’année scolaire » et de « reconquérir le mois de juin, en réformant les procédures d’orientation et de passage des examens de manière à pouvoir retarder les conseils de classe à la fin du mois «  (p.  41). On peut même se demander si la proposition (p. 34) de « moduler les emplois du temps en fonction du projet pédagogique (et) envisager des emplois du temps plus souples et évolutifs » n’ouvre pas la porte à l’annualisation des services.

Bref, il y avait les geonpis, il y a à présent les cucos...  Mais rien ne dit que le gouvernement capitulera aussi vite devant les enseignants qu’il  l’a fait face aux patrons de start-up ;-(

 

 

Toute la fin du rapport, « des personnels formés et reconnus » (pp. 44 à 50), fera l’objet d’une autre note, celle-ci étant déjà fort longue pour le format du blog, et parce que le sujet est suffisamment grave et complexe pour justifier une analyse à part entière. Mais, autant le dire tout de suite, il n’y a pas grand-chose à sauver de ce côté-là non plus…

 

 

Bref, ceux et celles d’entre nous qui avaient espéré autre chose que la reconduction paisible, obstinée et réitérée de toutes les procédures ayant fait preuve de leur inefficacité, pour ne pas dire de leur pouvoir de nuisance,  n’auront que leurs yeux pour pleurer. Les autres n’en auront retiré que l’amère satisfaction cassandrienne d’un « je vous l’avais bien dit », qui n’a jamais donné le sourire qu’aux cyniques dont nous ne sommes pas.

En outre,  je crois bien que je vais devoir rester brune …  (voir http://leblogdelapresidente.over-blog.com/article-dans-concertation-il-y-a-d-abord-certation-107924933.html ) car ce n’est pas demain la veille, sauf rebondissement inespéré, que je deviendrai Casque d’Or. Dommage : j’aurais bien tenté le coup, finalement.

 

 

Apostille :

Au terme de cette éprouvante lecture, je tiens à  remercier  très fort le domaine Riberach à Bélesta en Roussillon, http://www.riberach.com/articles-2/2-7-rouges/ , le sympathique chef Cyril à Meyreuil pour son délicieux repas http://www.biochef.fr/ ,  tous les contributeurs du forum  NéoProfs http://www.neoprofs.org/ et naturellement John, mes amis et camarades du GRIP-SLECC http://www.slecc.fr/GRIP.htm, sans oublier, pour la Beauté qui sauvera le monde,  l’immense Paolo Fresu http://www.youtube.com/watch?v=C99coGU1Jhk,  qui m’ont tous, d’une manière ou d’une autre, soutenue ce soir dans cette dure épreuve.

 

 

Les réactions : 

 

Dernière minute : Ph. Meirieu se dit déçu par le rapport Refondation :

http://www.lepoint.fr/societe/philippe-meirieu-je-ne-vois-pas-de-projet-fort-pour-l-ecole-05-10-2012-1513865_23.php

 

et le SNES est d’ores et déjà vent debout : ça va saigner  ! http://www.neoprofs.org/t53544-message-du-snes-p-suite-a-la-publication-du-rapport#1658644

 

La réaction du SNALC-FGAF :
http://www.snalc.fr/affiche_article.php?actu=1&id=752&id_rep=281

 

Une analyse d'Estelle Manceau pour le Collectif  "Sauver les lettres"

http://blogs.mediapart.fr/blog/estelle-manceau/081012/le-rapport-sur-lecole-bien-decevant-malgre-de-grandes-ambitions


Le communiqué de presse de SLL, en date du 15 octobre 2012 : « Refondons l'école de la République : un rapport inquiétant »

 

Le commentaire un peu accablé de J.-P. Brighelli,  http://blog.causeur.fr/bonnetdane/la-montagne-et-la-souris,00384

 

Une  analyse extrêmement critique du rapport, par le sociologue Choukri Ben Ayed, sur le site du jus pédagol  : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/10/09102012Article634853618631571249.aspx

 

Et n’oubliez pas le site de Reconstruire l’Ecole, http://www.r-lecole.fr/

 

 

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commentaires

Michel Delord 11/10/2012 01:00


 


La vraie question demeure : pourquoi, si la baisse de niveau des élèves de primaire ne date que de la venue de N. Sakozy en 2006, faut-il envisager une rupture aussi forte qu'une
*refondation*, alors que les véritables réformes de l'enseignement ne jouent que sur le temps long ?


Des réponses sur http://michel.delord.free.fr/refondons.html


 


Michel Delord, professeur de mathématiques retraité


CA de la SMF (2002-2008), Paris


Conseil Scientifique de la NonPartisan Education Review, NYC


 

leblogdelapresidente 11/10/2012 05:45



Très juste. Du reste, personne ne peut penser, du moins  penser sérieusement et de bonne foi, que la baisse du niveau des élèves en primaire -- et ipso facto la baisse du niveau
tout court -- ne dete que de la venue au pouvoir de N. Sarkozy, à qui ce serait faire beaucoup de déshonneur (il fut assez nuisible par ailleurs pour que l'on puisse tout de même reconnaître
qu'il n'est pas seul responsable de la déroute scolaire actuelle). Votre texte est remarquable, je vous en remercie, et je ne peux qu'inciter les lecteurs de ce blog à s'y rapporter. 



Loys 08/10/2012 13:13


Madame la Présidente, j'adore vous lire, et non, votre note n'était pas trop longue : c'eût même été une jubilation de la lire si elle ne serrait pas tant le coeur.


Vous avez remarqué comme moi que le rapport commence à déraper lorsqu'il devient question du mal-être des élèves et de la souffrance scolaire, pierre angulaire de toutes les réformes à venir :
j'espère que vous avez lu ce que j'ai écrit ce week-end de mon côté à propos de ce jeu de dupe : "La souffrance scolaire, mythe utile".


 

leblogdelapresidente 08/10/2012 13:20



Oui, c'est un mythe utile pour détruire l'Ecole, sans pour autant résoudre les problèmes des élèves laissés au bord de la route, et qui le seront d'autant plus que l'Ecole instruira de moins en
moins... 



Alouette 08/10/2012 12:54


Un des trucs qui me font le plus horreur dans ce rapport (encore que ce soit difficile à trancher) c'est l'idée de "pluralisme raisonnable" qui me rappelle les énormités proférées par une
certaine Nathalie Broux (vous la connaissez ?), à savoir que la laïcité est une invention du catholicisme, elle vomissait la "catholaïcité". 


Et j'en ai marre de ces assimilations de l'intégration des régions au XIXe siècle à la situation actuelle. Quand je lis :


«  Chaque enfant – mais aussi chaque enseignant – fut sommé d’abandonner sa culture régionale, familiale ou étrangère et sa singularité aux portes des établissements scolaires qui ne
toléraient pas l’écart à l’égard de la norme. Qu’on le déplore ou non, cette posture de l’institution scolaire n’est plus envisageable dans la société du XXIe siècle. Il s’agit désormais de
construire, comme l’atelier « citoyenneté et vie scolaire » l’a appelé, un «pluralisme raisonnable », dans le cadre d’un ensemble de valeurs communes, fortes et structurantes, références
centrales de la communauté nationale – au premier rang desquelles figure la laïcité. »


…  je me marrerais presque. Alors, c'est "l'atelier bidule" qui définit les règles de la République. Et qu'on finisse sur la laïcité comme valeur commune etc. de premier plan me semble
refléter les discussions et divergences qui ont dû accompagner la rédaction du rapport. Parce que si ça ne concerne pas la religion, ce "pluralisme raisonnable", qu'est-ce qui est
encore interdit dans l'institution scolaire ? Il faut laisser les élèves parler dans une autre langue ?


 Sans parler du mot "étrangère" pour qualifier la "culture" ainsi intégrée à la fin du XIXe siècle quand il s'agissait des régions de France. En attendant c'est par cette intégration
autoritaire qu'on a donné leur chance à tous les enfants des cambrousses françaises qui voulaient s'en donner la peine.


 


 

leblogdelapresidente 08/10/2012 13:05



 


Oui, c'est l'atelier machin-truc qui définit les règles
de la République ! C'est insensé ! 


De toute façon, chacun sait que l'universalisme des
Lumières c'est  liberticide, n'est-ce pas... 


Ce "pluralisme raisonnable", qu'il s'agisse du fait
religieux ou pourquoi pas linguistique, comme vous le suggérez -- accepter les copies en provençal ou en bas-poitevin au nom du pluralisme raisonnable, pourquoi pas, après tout ? -- c'est la
porte ouverte au grand n'importe quoi...


Rejoindrait-il les
"accommodements raisonnables" québécois? En tout cas, l'adjectif est identique dans l'une et l'autre expressions. (faut-il croire au hasard dans les idéologies)


 www.educaloi.qc.ca/placepublique/dossier50






Lisa2000 08/10/2012 07:13



Bonsoir chère Présidente,

J'ai lu avec attention votre note sur la refondation de l Ecole et je vous
remercie de m avoir transmis cette synthèse très claire! Je ne suis guère
étonnée à vrai dire ..La mode est effectivement au bien-être de l apprenant ( en
revanche, celui du prof, on s'en tape). Sous prétexte d innovation, on crée des
concepts éducatifs fumeux et par avance inefficaces : de la suppression de l
éval anxiogène, par exemple . Et comment prépare t-on les élèves à la vie s' ils
n' ont même pas l' idée d'obstacle, de défi , ou tout simplement de difficulté à
dépasser ? Par ailleurs, en lisant votre note, je me rends encore plus compte
que les réformes visant l EN ont pour but d empêcher les professeurs de faire
leur travail . C est comme si on disait aux étudiants en médecine :" le patient
est en surcharge cognitive au moment du diagnostic alirs faites-lui deviner sa
maladie , ça passera mieux". On évolue encore en plein délire , on enfonce
encore davantage le cadavre républicain dans la fosse sous couvert de bien
pensance dégoulinante et suante de bêtise, bref en vous lisant la moutarde m est
montée . Je récapitule , donc ... L EN est un grand corps malade : ascenseur
social zéro, le prof devient par ailleurs le bouc émissaire de gosses ignorants
et désaxés, et c est à lui de s excuser -on y est presque- d être prof .
Revenons à un fondamental : un enseignant est là pour enseigner , former, élever
. Ce ne sont pas deux trois mesurettes en forme d écran de fumée qui changeront
l état catastrophique de notre institution. Le problème est essentiellement
profond, structurel même . C est comme si la Tour Eiffel tanguait dangereusement
.. et qu'au lieu de regarder du côté des fondations, on exigeait des ouvriers de
se cambrer davantage, de se courber , de plier , en qque sorte . Le mot est là !
On nous demande de plier, de capituler, sous couvert de modernisation du métier
. Or c'est à une chute et à une destruction en règle que j aurais le sentiment
de participer si j appliquais ce qui est écrit dans ce rapport . Je ne plierai
pas ... la colère est un cadeau pour celui qui sait en faire un usage raisonné

rudolf BKOUCHE 07/10/2012 22:08


J'avis lu les propos de Nicole Belloubet. Qu'une élue, reposnable del'enseignement écrive des choses pareilles c'est non suelement de l'obscurantisme mais c'est un profond mépris des élèves.


 


bein cordialement


rudolf bkouche

rudolf BKOUCHE 07/10/2012 21:25


J'ai apprécié votre texte. Mais il y a une question plus profonde.


Pouvait-il sortir autre chose ? Le rapport reprend le discours du PS des années quatre-vingts. Ce qu'un recteur de Lille expliquait lors d'une grand'messe IUFM."Le rôle de l'école n'est plus de
transmettre des connassances mais d'assurer la réussite des élèves." Mais de quelle réussite s'agit-il ? D'autant qu'il ne faut pas traumatiser les élèves.


Qu'est-ce que cela veut dire : non au redoublement, si ce n'est d'assurer l'echec de certains qui parcourent un cylcle sans rien comprendre. Ce qui permet de les recevoir, ce qui n'est qu'n
traquenard.


Que siginifie cette formule ressassée "apprendre à apprendre". Une justification du "non-apprendre".


Qu'est-ce que cette opposition entre les échanges horizontaux et la transmission verticale, sinon un hymne à l'obscurantisme.


Le PS et ses acolytes se moquent des Lumières. Leur discours contre l'encyclopédisme est une façon de dire : "Ouf ! Diderot et d'Alembert, c'est fini."


bien cordialement


Rudolf Bkouche


professeur émérite, université de Lille i


membre du GRIP


 


 

leblogdelapresidente 07/10/2012 21:56



Et comme pour
illustrer de ce que vous venez d'expliquer, ces propos strictement ahurissants de Mme Nicole Belloubet, conseillère régionale Midi-Pyrénées chargée de l'éducation, l'enseignement supérieur et la
recherche, présidente du groupe sur la réussite scolaire. Extrait choisi : "l faut cesser de dire, par exemple, qu'il faut absolument lire et écrire à la fin du
primaire..." ( ) !!! De mon temps, on appelait cela l'ennemie de classe... 


http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/05/1457406-refondation-de-l-ecole-le-ministre-releve-la-copie.html