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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 08:47

Encore une pétition direz-vous, eh oui… La redondance est pédagogique !

Appel national  pour sauver l'école de la République

« L’École républicaine, héritière de Condorcet, de Guizot et de Ferry est le bien commun de tous les Français ; nous savons votre attachement à l’Éducation Nationale, vous qui en fîtes une question essentielle de votre campagne présidentielle de 2012. Nous nous permettons pourtant, enseignantes et enseignants, parents d’élèves de vous interpeller sur la réforme du collège… »

C’est ainsi que débute une pétition à François Hollande,www.change.org/p/monsieur-le-president-de-la-republique-appel-national-pour-sauver-l-école-de-la-république , pétition émanant de professeurs et de parents d’élèves et qui, en des termes particulièrement courtois, fait appel à « l’audace » du Président de la République et à la « justesse de (son) jugement », le prie de « renouer (avec parents et enseignants) le fil du dialogue qui menace de se rompre définitivement », et demande in fine une abrogation du décret de 2015 afin de « reconstrui(re) ensemble une autre réforme pour le collège ».

Cet appel, émanation d’un collectif de parents et d’enseignants de base (toutes mes excuses pour les génitifs en cascade…), est paru dans plusieurs quotidiens régionaux, et, au moment où j’écris ce topo (dimanche 24 janvier) dans Le Figaro – en espérant que d’autres organes de la presse nationale s’en feront l’écho.

Pour ceux et celles d’entre vous qui fréquentent les réseaux sociaux, je vous renvoie pour information au groupe FaceBook « Non à la réforme 2016 / Les Indomptés-Collectif Condorcet » www.facebook.com/groups/238948703103009/

Le moment n’est pas venu d’ergoter sur tel ou tel point de ce texte, évidemment perfectible – mais si la pétition parfaite existait, c'est-à-dire assez convaincante pour rassembler de larges masses dans l’unanimité la plus totale, cela se saurait.

D’aucuns ont pu s’interroger sur l’opportunité de faire appel au Président plutôt qu’aux élus du peuple, députés et sénateurs, ou encore sur le registre « supplique à not’bon roi pour ne pas être enterrés sous la réforme délétère ». Mais après tout, François Hollande est le président de tous les Français, que je sache, et pas seulement celui du lobby pédago qui, Florence Robine en tête (la gouroute de Mme Vallaud-Belkacem) a pris les rênes au ministère.

« Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat », dit le poète (qui a toujours raison, comme chacun sait).

Alors signons, diffusons et partageons cette pétition !

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 16:48
MIA MADRE

Lingua materna, la lingua di mia madre

« Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur italo-américain.

À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère Giovanni, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ? »

Tel est le « pitch », comme il ne faut pas dire, de Mia madre, le dernier opus de Nanni Moretti, reparti à peu près bredouille (1) de Cannes et c’est franchement dommage.

Tous les habitués (et les amateurs) de l’irascible auteur de Palombella Rossa, Caro diario et Aprile retrouveront avec plaisir ce qui fait la manière, mais parfois aussi la limite, de ce cinéaste : travail sur l’autofiction (Moretti a perdu sa vieille mère pendant le tournage de Habemus papam), mise en abyme du film et réflexion sur la création artistique, dimension militante et regard politique, hommage référencé à plusieurs maîtres du « grand » cinéma italien, goût pour le mélange des genres du pathétique au burlesque, les plans-séquences maîtrisés et les bandes-sons soignées, -- bref, la « patte » d’un cinéaste cinéphile qui construit, qu’on l’apprécie ou pas, une œuvre éminemment personnelle.

S’il ne s’agissait que d’un film sur le deuil d’un parent, père ou mère peu importe, on se contenterait, et ce serait déjà beaucoup, de rendre hommage à la justesse dont l’expérience est montrée, filmée d’une manière à la fois discrète et frontale, empathique et distanciée, qui nous fait « voir l'acteur à côté du personnage », (comme le répète Margherita à ses comédiens) sans jamais succomber à la facilité lacrymogène inhérente à un tel sujet. Nous avons tous été, à un moment ou à un autre, cette sœur suractivée, longtemps dans le déni, qui continue coûte que coûte à travailler pour rester debout et tenir le coup, et/ou ce frère efficace et résigné qui a perçu tout de suite que « mamma sta per morire » -- avec le mauvais rôle de l’expliquer à sa sœur, bref, ces orphelins de soixante ans renvoyés à ce qui fut leur lointaine enfance aux souvenirs plus ou moins rattrapables.

MIA MADRE

« Voir l'acteur à côté du personnage », une des clés du film, c’est aussi une direction d’acteurs (tous aussi épatants les uns que les autres) particulièrement efficace : Moretti, dédoublé en Margherita, abandonne ses explosions de colère surjouée pour un registre intériorisé, posé, presque terne, qui lui va très bien. Les deux femmes, qu’il s’agisse de la grand-mère Ada (Giulia Lazzarini, au jeu minimaliste toujours sur le fil) ou de Margherita (Margherita Buy), avec qui nous traversons tout le registre des émotions, auraient bien mérité un prix d’interprétation, sans oublier John Turturro, inénarrable en Barry Huggins, un cabotin italo-américain caricaturalement hollywoodien mais fort peu professionnel. Un film d’acteurs, donc, au beau sens du mot, avec des rôles forts dans des situations bien campées et des personnages qui existent vraiment, pas des allégories, .

Mais Mia madre, c’est aussi et surtout un film sur la mémoire, qui nous touche particulièrement, nous professeurs de ces lettres classiques qu’on appelle aussi « humanités ». Ada, la grand-mère mourante, a été professeur de latin (comme la maman de Moretti), et il reste chez elle une vaste bibliothèque, comme le monument, stricto sensu, de ce qu’elle a été et qui meurt avec elle, irrémédiablement.

Mia madre qui meurt, c’est aussi la lingua di mia madre, ce latin ancêtre de l’italien, la lingua materna de Giovanni et Margherita, et qui devient peu à peu une langue morte : la grand-mère l’a enseignée, le frère et la sœur en conservent une teinture, l’adolescente renâcle à l’étudier et n’en saisit pas l’utilité, préférant les week-ends au ski et l’acquisition d’un scooter. Nostalgie, mélancolie sans doute, passéisme morettien, qui évoque les constats plus amers ou plus directement politiques d’un Fellini ou d’un Pasolini. Mais il est des patronages bien moins illustres, après tout.

Ce mur de livres (du Tacite, celui qui ne dit rien donc, quelle ironie…), cette vaste table couverte de documents dans le bureau maternel, que vont-ils devenir, que pourra-t-on en faire, se demande Margherita. Que restera-t-il de ce latin-mémoire, qui ne nous parle plus, qu’on a beaucoup oublié ?

« L’analyse logique », explique Ada dont c’est en quelque sorte le testament, cette « analyse logique » qu’elle voudrait laisser en héritage à sa petite-fille comme une prise sur le monde, de quoi remettre en ordre et penser tout ce qui se dit et s’échange dans un réel chaotique dont on ne comprend plus les enjeux – tel le film de Margherita qui tourne au Hellzapoppin social au fur et à mesure que la folie de Barry Huggins, qui semble ne jamais savoir ses répliques, le dérègle.

MIA MADRE

Car, sans vouloir « spoiler » (comme il ne faut toujours pas dire) la fin, l’acteur qui vient des USA, un pays sans histoire ancienne, se révèle littéralement dépourvu de mémoire. Souffrant d’amnésie chronique, il en vient peu à peu à déformer les mots les plus courants, à massacrer ses répliques et à tordre le langage en des barbarismes déconcertants. Ses mots ne veulent rien dire, son texte ne fait plus sens, on ne sait plus où on va, au propre comme au figuré (séquence hilarante de la conduite à l’aveugle) et plus rien ne se transmet. Le tournage est en échec, comme la vie même, mais on doit néanmoins avancer vers demain…

Dans la phrase latine sur laquelle "sèche" la jeune Livia, on entend " parentes", " novissent ", et "docerent "… Il y est donc question d’enseignement, de transmission, de racines (dans toutes les acceptions du terme) ; de tout un processus de « passage » qui se meurt avec la vieille dame. Et quand, après son décès, on en vient à se demander sur quoi ont pu ouvrir ces années de latin, surgissent d’anciens élèves, sages disciples recueillis, qui ont partagé avec Ada une vraie relation filiale : elle a été à tous leur mère, explique une ex-étudiante. Lingua materna. Ce qu’elle leur a transmis, «l’analyse logique », serait-ce simplement in fine de savoir un peu plus clairement où l’on va -- et pour Margherita, qui ne voit pas plus le sens de sa vie que celui de son film, juste qu’il faut vivre et construire avec ce rien, le penser : voilà ce qu’elle peut retenir de sa mère, ce que Livia peut garder de sa grand-mère, dont le dernier mot est « domani » sur quoi se clôt le film, non pas en vain espoir d’une vie éternelle ou d’un optimisme hors sujet, mais parce que quelque chose d’elle sera resté et passé dans l’avenir : la langue.

MIA MADRE

Voilà sans doute la leçon d’Ada, du latin, de Tacite le bien nommé : même quand on ne la parle plus, la langue dite morte, la langue de la morte, demeure celle de la mère, lingua materna, la langue maternelle, celle des racines, non pas au sens d’un renfrognement identitaire et mesquin, mais celui d’une ouverture vers un « domani » où l’on saurait un peu mieux ce que parler veut dire, et où le monde pourrait peut-être s’appréhender autrement que par borborygmes : s’analyser logiquement.

Naturellement, je conseille très fort ce beau film à Mme Najat Vallaud-Belkacem, si elle dispose pour aller au cinéma d'un peu plus de temps que Fleur Pellerin n'en a pour lire Modiano, ..

Faire le pari de l'intelligence, telle est ma devise. SAPERE AUDE, si vous préférez...

(1) Prix du jury œcuménique pour « sa maîtrise et son exploration fine et élégante, imprégnée d’humour, de thèmes essentiels dont les différents deuils auxquels la vie nous confronte.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:49
IRRUMABO !

Id est : FUCK DAESH !

Vivamus, mea Lesbia, atque amemus,
Rumoresque senum severiorum
Omnes unius aestimemus assis.
Soles occidere et redire possunt ;
Nobis cum semel occidit brevis lux,
Nox est perpetua una dormienda.
Da mi basia mille, deinde centum,
Dein mille altera, dein secunda centum,
Deinde usque altera mille, deinde centum.
Dein, cum milia multa fecerimus,
Conturbabimus illa, ne sciamus,
Aut ne quis malus invidere possit,
Cum tantum sciat esse basiorum.

CATULLE, Elégies, 5.

IRRUMABO !

Vivons, ma Lesbia, aimons-nous !
Fichons-nous comme d'une guigne
Des cancans des vieux scrogneugneus.
Ils peuvent, les soleils, se coucher et renaître
Mais nous, quand une fois la chandelle est mouchée,
Une nuit éternelle il nous faudra dormir.
Baise-moi mille fois, et puis encor' cent fois
Et encor' mille fois, et de nouveau cent fois,
Et mille fois de suite, et puis encor' cent fois
Et quand mille et mill' fois on se sera baisés,
On mélangera tout pour en perdre le compte,
Pour qu'un jaloux ne puisse nous porter la poisse
Sachant qu'on s'est donné tant et tant de baisers !

(D’après une traduction libre de Iulia)

Notre chagrin se mêle à la colère.

Je ne trouve pas les mots en français, alors je fais appel à Catulle.

Quand j'entends parler de revolver (entre autres armes de mort), je sors ma culture.

IRRUMABO !
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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:38
TEMPÊTE DANS UN BALCONNET

« Réduite la semaine dernière dans Le Point à son « soutif », son joli « rouge à lèvres » sans oublier ses « pendentifs aux oreilles » dans un article aux allures de tribune sexiste de Jean-Paul Brighelli, Najat Vallaud-Belkacem a tenu à répondre à l’éditorialiste. Il avait notamment attaqué la réforme du collège de la Ministre en dénonçant ses « dessous chics ». L’article en question avait suscité une vague d’indignation massive sur les réseaux sociaux. »

(Les journaux)

L’affaire est d’importance, chacun le reconnaîtra. « Indignation massive sur les réseaux sociaux », protestations également indignées sur les radios en général et France-Inter en particulier (1), et réponse vertueuse de la ministre, sur laquelle – la réponse, pas la ministre – nous reviendrons.

Voici donc le débat dont sont faites grosses guerres, de quoi enflammer les esprits, faire crier au sexisme, au racisme, au jeunisme, bref au fascisme (je nous souhaite à toutes et à tous de ne rencontrer à l’avenir d’autre fascisme que ce type d’article)… et surtout de quoi oublier le fond du problème, à savoir la délétère réforme portée par Mme Vallaud-Belkacem, et les dégâts irrémédiables, particulièrement sur l’allemand et les langues anciennes, qu’elle ne manquera pas de provoquer en collège et donc, en tarissant le vivier, au lycée.

Le choix même, par Le Point, de ne donner en lecture gratuite que le premier paragraphe (le plus sujet à controverse) de la brighellienne tribune, n’aidait certes en rien à la clarification des enjeux. Les abonnés du magazine, qui ont lu le texte jusqu’au bout, en auront retenu, (plus que l’exaspération du polémiste devant le comportement pour le moins inélégant de l’élégante ministre qui a, je cite « bien ri pendant l’intervention du député » (2) et semblait se préoccuper davantage de son look que de l’avenir des milliers de collégiens dont elle a, pour leur malheur, la responsabilité), les chiffres donnés par J.-P. Brighelli : 996 000 heures-élèves d'allemand (au lieu de 1 507 000 aujourd’hui) seront dispensées après la mise en place de la réforme. En clair et en gras, un tiers des heures-élèves vont disparaître.

TEMPÊTE DANS UN BALCONNET

Cette disparition est évidemment beaucoup plus grave que la fugitive apparition d’un joli coin de dentelle noire au giron de la ravissante gazelle. Mais cette tempête dans un balconnet a permis, une fois de plus, d’éluder les vrais problèmes, grâce à un infernal syllogisme dont les communicants ont bien compris le fonctionnement : Najat Vallaud-Belkacem est attaquée, OR elle l’est par un affreux macho sexiste et misogyne, DONC sa réforme est bonne.

QUOD ERAT DEMONSTRANDUM, comme on ne pourra bientôt plus dire, et circulez, y’a rien à voir.

On pourrait épiloguer longtemps sur l’attitude de la ministre, que je trouve personnellement assez incroyable, face au brave député Lett et à la représentation nationale.

http://www.dailymotion.com/video/x3cpsce_najat-vallaud-belkacem-les-dessous-chics-de-la-reforme-du-college_news

Que voit-on ici, de la part de Mme Vallaud-Belkacem et de sa chouette équipe d’aminches ? Un comportement d'adolescente mal élevée, de collégienne précisément : on ricane, on n'écoute pas, on minaude, on prend des poses, on se fiche du monde, on papote avec sa voisine, bref on cherche sa baffe, pardon ses quatre heures de colle. On dirait une gamine qui répondrait "Cause à ma main" ou "Je te parle pas, t'es un boloss". Et c’est Brighelli l’insolent impoli ? C’est VRAIMENT lui qu’on doit remettre en place ? Allons donc !

Quant à la réponse de la ministre Sur France Info, elle vaut elle aussi son pesant de noix vomique. Brighelli, dit-elle, « ne mérite pas qu’on s’encombre l’esprit avec lui. Moi, je ne m’encombre pas l’esprit avec quelqu’un qui, comme lui, se croit autorisé à donner des leçons sur l’école et commence par la qualifier de "fabrique du crétin", c’est vous dire la finesse légendaire du personnage ».

Suit cette phrase admirable, grandiose, sublime, qui dépasse Pascal, « Je vais beaucoup mieux depuis que je l'ai fait disparaître de mon champ de vision ».

TEMPÊTE DANS UN BALCONNET

Je crois qu’on a ici la clef de la méthode de gouvernement de NVB, son mantra, son schibboleth, son alpha et son oméga : la scotomisation (non, ce n’est pas une allusion pornographique, bande d’affreux obsédés que vous êtes !).

Tout ce que je ne vois pas n’existe pas, donc je vais bien, donc tout va bien, comme le montre mon éternel sourire radieux scotché sur mon joli minois…

Je fais « disparaître de mon champ de vision » les grévistes de la faim (3) de Bellefontaine et d’ailleurs, je ne les reçois pas vu qu’ils n’existent pas… et je vais beaucoup mieux.

Je fais « disparaître de mon champ de vision » les 15.000 manifestants du 10 octobre, qui n’existent pas, et je vais encore mieux.

Du reste je n’ai toujours pas reçu l’intersyndicale, elle aussi « (disparue) de mon champ de vision » : elle n’existe pas non plus, et chaque jour je vais de mieux en mieux :

https://savoir.actualitte.com/article/analyses/1244/les-syndicats-enseignants-opposes-a-la-reforme-du-college-toujours-pas-recus-au-ministere

Notre « Pimprenelle », puisque Pimprenelle il y a, marche non seulement à l’hypnose, mais à l’auto-hypnose, quelque chose entre la méthode Coué et le training autogène en somme...

TEMPÊTE DANS UN BALCONNET

Le mieux est l’ennemi du bien, madame la ministre, et prenez-y garde : sachez qu’à force d’aller de mieux en mieux vous finirez par ne plus aller du tout, -- ce qui finalement ne serait pas si grave si votre disparition des écrans, ainsi que celle de tout le gouvernement dont vous faites hélas partie, ne risquait pas d’aller de pair avec, au mieux, le retour au pouvoir d’un ex-président dont on sait les capacités de nuisance, au pire l’accession aux affaires d’un parti qui, lui, nous fera VRAIMENT sentir ce qu’est le fascisme – bien autre chose qu’une pique perfide sur les dessous chics, les boucles d’oreille et le rouge à lèvres d’une jolie vache déguisée en fleur.

Alors, madame, au lieu de « faire disparaître de (votre) champ de vision » tout ce qui vous dérange et ne va pas dans le sens de ce que vous croyez être le Bon, le Vrai et le Juste, si vous ouvriez les yeux et les oreilles, à titre exceptionnel, pour entendre le mécontentement des professeurs, l’opposition à votre réforme de 80 % des enseignants et de leurs syndicats représentatifs, de personnalités qu’on ne peut pas soupçonner d’être vendues à la droite (4) , de parents de plus en plus nombreux ?

Voir la réalité en face, pour une fois, sortir de cet aveuglement volontaire que vous revendiquez pour vous-même avec une étonnante ingénuité, mesurer l’ampleur des refus de votre politique, écouter ce que disent les personnels, au lieu de vous draper dans une stratégie de communication qui, en jouant sur la dignité féminine offensée, ne vise qu’à noyer le poisson, en êtes-vous seulement capable ?

Il est malheureusement permis d'en douter.

  1. Hier dans l’émission de Nagui (Leila Kaddour) d’une part, ce matin avec une question de Patrick Cohen à N. Dupont-Aignan, « JP Brighelli est-il encore le responsable à l’éducation de DLF ? », sous-entendu « N’avez-vous pas encore renvoyé ce triste personnage à ses chères études ? »
  2. M. Céleste Lett, député-maire LR de Sarreguemines, exprimait ses inquiétudes quant à la place de l’allemand dans la réforme du collège.
  3. http://leblogdelapresidente.over-blog.com/2015/07/axioprepeia.html
  4. http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article213

P.-S.

Momentanément absente et éloignée du net, je suis dans l'impossibilité de répondre aux commentaires et vous prie de bien vouloir m'en excuser.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:27

RECONSTRUIRE L'ECOLE ET SA PRÉSIDENTE

ONT LE PLAISIR, LA JOIE ET L'INESTIMABLE AVANTAGE

DE VOUS ANNONCER LA NAISSANCE DE

L'INTEMPESTIF

le blog de l'association amie SAUVER LES LETTRES

http://sauv.net/wordpress/

HEUREUX ÉVÉNEMENT

"Etre intempestif, c’est éviter d’utiliser la petite lorgnette des idées reçues et des partis pris étriqués. C’est faire entendre une voix qui se refuse à entonner, en chantant décidément faux, la ballade des fossoyeurs de l’école républicaine, une voix qui ne se réduit pas à une unité à comptabiliser parmi les bulletins futurs, une voix qui estime que la démocratie passe par la réflexion et le sens critique et que ces derniers sont à cultiver en priorité.

Etre intempestif, c’est lutter contre une « communication » qui enfume trop souvent les esprits et les prépare notamment à accepter une situation de plus en plus révoltante : éducation et études plus chères pour les parents, école publique au rabais, ascenseur social bloqué, mépris des élèves. L’apprentissage raisonné de la langue française, condition préalable à une construction de soi plus aisée, est négligé et ce sont les enfants des familles les plus en difficulté qui en font d’abord les frais.

Etre intempestif, c’est user d’une liberté de ton pour mieux dénoncer la légèreté de ceux qui ne prennent pas les enjeux sociaux et politiques de l’Ecole au sérieux.

Chaque rédacteur de « L’Intempestif » n’engage évidemment que lui dans ses analyses et partis pris. Il propose sous la forme brève qui lui convient un billet d’humeur, une philippique, un témoignage ou tout autre contenu que l’actualité lui fournit pour développer ses remarques « inactuelles ». Un rien provocateurs, un temps festifs, un autre moment ravageurs, les textes proposés ont l’ambition de réveiller un débat qui se perd dans les chiffres du comptable, commence à s’endormir face aux sermons lénifiants des idéologues et va se coucher quand les prétendus experts en sciences de l’éducation se mettent à jouer du pipeau."

LONGUE VIE, PERTINENCE ET IMPERTINENCE À L'INTEMPESTIF !

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 13:42

Ne boudons pas notre plaisir – car on s’est sacrément fait plaisir à la saint Ghislain, non seulement parce que Phébus Apollon était de la partie, mais aussi et surtout parce qu’il y avait du monde, pas mal de monde (entre 8000 et 20000 personnes, suivant les estimations) à battre le pavé parisien de Port-Royal à la rue du Brevet, pardon du Bac -- mais c’est bientôt pareil…

On y vit donc des professeurs, leurs syndicats…

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

… des étudiants, jeunes et contre…

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

… un certain nombre de pancartes fermes et déterminées…

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !
Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

… les happenings joyeux et résolus de l’Antic pride, « Arrête ton char »…

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

… nos Immortel(le)s…

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

… quelques pseudo-zintellectuels, nos camarades de « Sauver les Lettres » et bien évidemment de « Reconstruire l’Ecole », un académicien mécontemporain, un recteur honoraire, et un certain nombre de responsables politiques (par ordre alphabétique, François Cocq et Eric Cocquerel du Parti de Gauche, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France, Georges Gastaud des Refondateurs Communistes, Pierre Laurent du PCF, et je ne cite que ceux que j’ai vus).

Ceux qui attendaient François Bayrou en furent pour leurs frais (sans doute avait-il plus important à faire ce jour-là ?!), tout comme les supporteurs de Bruno Lemaire du reste.

Au moins tout ceci a-t-il le mérite d’être clair : rien à espérer de cette alternance-là, pour les naïfs qui se faisaient encore des illusions sur les suites politiques de ce mouvement.

COMPTER SUR NOS PROPRES FORCES ET RESTER UNIS

Alors, à présent, que faire ?

« COMPTER SUR NOS PROPRES FORCES », comme disait le Président Mao.

C’est-à-dire RESTER UNIS, ne pas commencer à nous diviser entre partis plus ou moins tentés de récupérer notre action, syndicats plus ou moins minoritaires rêvant de majorité, egos plus ou moins susceptibles et/ou plus ou moins malmenés, ceux qui croyaient au Collège unique et ceux qui n’y croyaient pas, etc., etc.

Ne pas se démobiliser prématurément, sous prétexte que le défilé était beau, gai et plein d’une ferveur militante et d'une inventivité qu’on n’avait pas vues dans nos rangs depuis un bon petit moment.

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

Ne pas prêter oreille aux rumeurs venues d’on ne sait où et prétendant qu’après une dissolution possible suite à un échec plus que prévisible aux prochaines régionales, Mme Vallaud-Belkacem serait exfiltrée de l’Education Nle et recasée, pour services rendus, dans un grand ministère régalien. Quand bien même ces bruits de couloirs seraient exacts, cela ne changerait pas grand-chose : quand l’abominable Allègre fut remplacé par Jack Lang, on ne peut pas dire que la politique éducative en a pour autant évolué dans le bon sens. M. Lang, homme affable et courtois, se contenta de nous endormir avec courtoisie et affabilité. Pimprenel déjà, en somme :-) !

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !

LA LUTTE SERA LONGUE ET PÉNIBLE

Ne nous berçons pas d’illusions : la lutte sera longue et pénible. Ce gouvernement PS qui a cédé devant tout ce que le pays comporte de forces rétrogrades, le MEDEF, les Bonnets Rouges, devant n’importe quel corporatisme, les routiers, les taxis, les agriculteurs productivistes (et j’en passe), ne fera pas le moindre geste envers des enseignants qu’il croit encore relever de son électorat historique, -- quitte à perdre des régionales dont on se demande s’il a vraiment encore envie de les gagner

L’intersyndicale appelle les professeurs de collège à ne pas se porter volontaires pour les formations anticipées destinées à un petit nombre de collègues qui seraient ensuite les relais de la réforme auprès de leurs pairs (1) . Elle appelle à refuser collectivement de participer à toutes les réunions organisées en dehors des heures de cours avec un ordre du jour relatif à la réforme : conseil pédagogique, conseil école-collège, réunions diverses... Bref, un appel au boycott des formations/formatages des commissaires-formateurs à l'infâme réforme.

SABOTAGE ?

C’est en quelque sorte ce que le romancier italien Erri De Luca appelle, à propos d’un projet à la fois inutile, dispendieux et meurtrier pour l’environnement (un tunnel de 57 kilomètres pour le TGV Lyon-Turin (2), du « sabotage » (3).

En quoi ce qui est valable pour éviter la destruction d’une vallée alpine ne le serait-il pas pour contrer une réforme dont la nuisibilité n’est plus à démontrer ?

Les professeurs ne sont pas du genre à mettre le feu aux préfectures, à casser des vitrines, à bombarder les CRS avec des boulons, à arracher les chemisettes de mesdames Robine et Vallaud-Belkacem. Ils n’envisagent même pas d’aller lancer aux grilles du ministère leurs Gaffiot, Bailly, Wörterbuch der deutschen Sprache et autres outils d’un autre âge pour langues qui ne se parlent plus que dans les rêves de ringards érudits.

En revanche, un sabotage en douceur, un sabotage non-violent, mais un sabotage quand même, c’est possible, surtout si le mot d’ordre est massivement suivi.

Pas d’autre solution que de montrer, jour après jour, face au caporalisme de l’administration, une détermination sans faille à ne pas appliquer cette réforme-là. Tous ensemble et chacun à sa tâche, comme le petit colibri de la fable, faisons notre part. Ce qui nous unit (la défense de l’École républicaine, des savoirs, de l’instruction, des humanités, dans l’intérêt et pour la réussite de nos élèves), est plus fort que ce qui nous sépare, ne l’oublions pas !

Sabotons, sabotons la réforme alakhôn !
  1. Voir par exemple https://www.aix.snes.edu/Operation-grainS-de-sable et www.europe1.fr/societe/reforme-du-college-les-profs-boycottent-les-formations-2530231
  2. http://soutienaerrideluca.net/le-lyon-turin
  3. http://soutienaerrideluca.net/accueil/

NB : toutes les vues de la manifestation sont des photos perso, que vous pouvez copier et diffuser, naturellement.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:29

Ou : toutes les raisons d’être à Paris (RER Port-Royal), le 10 octobre à 13 h 30 !

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

Les grands médias, à quelques exceptions près, et l’audiovisuel public en particulier ayant décidé (ou y ayant été gentiment incités) de ne piper mot de la manifestation nationale du 10 octobre prochain contre la réforme du collège, je ne vais pas vous faire l’offense de vous rappeler l’importance de ce rendez-vous qui va marquer une étape décisive dans la mobilisation.

Je me contenterai de revenir sur quelques points gravissimes, qui devraient décider les hésitants, s’il y en a encore, à se jeter illico et toutes affaires cessantes sur leur auto ou leur billet de TGV, qu’ils soient enseignants, parents d’élèves ou simple défenseurs de la culture et des humanités.

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

OUI, ô vous qui hésitez, contrairement à ce qu’a répété la ministre, cette réforme marque la fin de l’enseignement du latin et du grec au collège. Non solum les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) en langues anciennes ne seront pas forcément mis en place dans tous les établissements, non solum le latin ne sera pas nécessairement proposé en enseignement de complément dans tous les établissements (ce qui, entre parenthèses, constitue une rupture scandaleuse de l’égalité républicaine sur l’ensemble du territoire), sed etiam les principaux de collège ont décidé, en s'appuyant sur la lettre ministérielle ou plutôt en s’asseyant dessus (pour reprendre l’expression du jus pédagol, très saignant sur ce coup-là) de revenir à la baisse sur l'organisation de ces EPI. Ladite circulaire précisant que l'EPI « Langues et cultures de l'Antiquité » peut être suivi en 5ème, 4ème et 3ème, « il y aura un seul EPI de langues anciennes de 5ème mais pour tous les élèves » (1), annonce le SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement -- affilié à l’UNSA, on s’en doutait un peu. Voilà ce qu’on appelle démocratiser le latin, sans aucun doute, et créer les conditions favorables à l’éclosion d’un véritable vivier de latinistes dans les années à venir…

Par chance (enfin, façon de parler), Florence Robine, directrice de la DGESCO (2), n’a pas de ces pudeurs. Dans ce verbatim relevé par des collègues du SNES infiltrés dans une réunion destinée aux « perdirs » (chefs d’établissement) de Rouen (3), on appréciera tout particulièrement ce qui est dit du latin : « Ça m'arrangerait de ne pas parler du latin … À l'heure actuelle, il va mourir tout seul », explique-t-elle tout crûment – surtout si on lui tient bien la tète sous l’eau – au latin, pas à cette brave dame, naturellement. Manque de bol, on va en parler, du latin, et pas seulement de lui.

OUI, ô vous qui croyez encore à ce que raconte la ministre, contrairement à ce qu’elle a répété et au numéro éhonté qu’elle a joué en Lorraine (4) pour faire semblant de promouvoir l’allemand, cet enseignement se trouve de plus en plus compromis – et la promesse de l’introduire dès le primaire n’est rien d’autre qu’un mensonge de plus dans une liste aussi pinochienne que cléopatrale.

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

Si l’allemand va connaître une progression aussi fulgurante, pourquoi les stagiaires d'allemand de Créteil ont-ils reçu la consigne orale de passer une habilitation dans une autre matière (5), ce qui fait montre d’un singulier respect et pour les germanistes et pour les qualifications ? Toujours à Créteil, certaines inspections du premier degré, sollicitées pour autoriser l'ouverture de l'allemand en CP ou CE1, ont répondu que, la réforme du collège ne leur permettant pas de s'engager sur la pérennité de l'allemand dans les collèges de secteur, et les classes bilangue anglais-allemand en 6ème étant appelées à disparaître dès septembre 2016, il leur était impossible d'initier l'enseignement de l'allemand en CP ou CE1 à la rentrée 2015, et plus encore de l'initier à la rentrée 2016, le principe de continuité de l'enseignement étant un impératif.

Bref, l’allemand sera bien, lui aussi, au centre du cortège parisien samedi prochain (6)

Quant aux langues vivantes en général, on peut se demander en quoi l’introduction de la LV2 dès la cinquième, à raison de 2 h 30 par semaine, va améliorer quoi que ce soit pour les élèves en difficulté, c'est-à-dire ceux qui ont déjà du mal en français et en LV1 !

Autre point qu’il faut encore et encore rappeler tant la Propagandastaffel se déchaîne, ô lecteurs de peu de foi, ô nains de l’adhésion,: les matières fondamentales vont perdre des heures de cours pour laisser se mettre en place les fameux EPI dont on a déjà vu ici même (7) à quel point ils sont… nous dirons « bidon » pour rester polis. Par exemple, un élève de 6eme bénéficie aujourd'hui de 5 heures de français. En 2016, il en aura 4h30, qui ne consisteront pas seulement en des cours « classiques » ; en effet, sur ces heures, les professeurs devront obligatoirement travailler en EPIpeau (dont l’efficacité peut être mise en doute, au vu des grotesques expérimentations hispano-kényanes sur lesquelles nous aurons la délicatesse de glisser mortels sans appuyer) et faire de l’accompagnement personnalisé (AP ) en méthodologie, alors qu’aujourd'hui, l’AP se fait en plus des heures de cours et non à la place.

Reprenons l'exemple du français, pour ceux qui doutent encore ou n’auraient pas bien suivi. Aujourd'hui, le jeune Kevin Dugenou a en 6ème 5h de cours et, en plus, de l'AP. Dès la rentrée 2016, son petit frère Brandon aura 4h30 de français en 6ème, dont une demi-heure pourra être utilisée pour un EPI avec de l’histoire ou autre, et une heure pour l'Accompagnement Personnalisé. Il lui restera donc 3h de cours proprement dits.

J’aurai même la cruauté de renvoyer aux tableaux statistiques publiés sur le site du Collectif Sauver Les Lettres SLL (8), qui vous montrent à quel point, depuis des années, l’institution a renoncé à enseigner le français, si cela peut vous décider, vous qui vous tâtez encore, à monter à Paris samedi

Si l’on ajoute à cela des programmes désolants (9) sur lesquels on reviendra dans un prochain billet, on peut vraiment douter de la volonté ministérielle et gouvernementale de faire véritablement progresser les élèves et d’amener Kevin, Brandon et les autres au maximum de leurs possibilités.

Bref, comme dit Le Canard enchaîné, ce sont des paroles verbales…

Dernière remarque, car il faut bien se limiter : « La nouvelle organisation du collège entre en vigueur, pour tous les niveaux d'enseignement, à compter de la rentrée scolaire 2016 » (10), ce qui rend quasiment irréversible la mise en place de cette usine à gaz.

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

Naturellement, comme tout ceci est fait dans la précipitation depuis le passage en force du printemps dernier, et que bien des enseignants renâclent (11) à mettre et faire mettre en application ce qui semble à la majorité de la profession une réforme délétère, l’autoritarisme et le caporalisme, les deux mamelles de l’Éducation Nationale à la sauce socialiste, reviennent (12) comme au bon vieux temps du regrettable Allègre !

Bref, le ministère perd son sang-froid, les recteurs paniquent, et le flic qui sommeille en tout socialopédago se réveille dans son insondable et flaubertienne bêtise. Et c’est ainsi qu’on apprend par la très sérieuse AEF que « l’académie de Toulouse met en place un outil de pré-repérage pour détecter les établissements dans lesquels la formation prévue dans le cadre de la réforme du collège s’annonce 'complexe', explique Dominique Maillard, IA-IPR d’EPS, chargé dans le cadre de la réforme du collège, d’une mission de 'conseil, formation et assistance au pilotage pédagogique', par Hélène Bernard, Rectrice de Toulouse (…) Deux questions sont posées aux chefs d’établissement : quelle est la répartition de la typologie des acteurs au sein du conseil pédagogique ? Chez les enseignants ? Font-ils partie du groupe des 'opposants, rebelles, hostiles, irréductibles', du groupe des 'attentistes, passifs indifférents, indécis' ou du groupe des 'progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais' ? »

NVB ou NKVD ? Jules Moch, sors de ce corps !

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

Comment tout ceci va-t-il se terminer ? Pour le moment, les professeurs, sans doute parce qu’ils ont un surmoi particulièrement développé, en sont à retourner la violence contre eux-mêmes, comme le montrent les grèves de la faim qui se multiplient des derniers mois, dans l’indifférence totale des autorités (13).

En arriverons-nous à des débordements violents tels qu’on a pu les voir ces derniers jours à Air France ?

L’histoire retiendra-t-elle qu’une toute petite personne, un joli produit marketing qui est au PS ce que fut Rachida Dati à l’UMP, aura pu d’un trait de plume donner le coup fatal à un système scolaire déjà bien esquinté par ses prédécesseurs toutes tendances confondues ?

Est-il encore temps de mettre un coup d’arrêt à cette calamiteuse réforme et de contraindre la ministre à négocier avec les organisations syndicales représentatives et majoritaires ?

À LA SAINT GHISLAIN, BATTONS LE PAVÉ PARISIEN !

Un autre collège est possible et souhaitable -- mais pas celui que nous propose, le sourire figé, Mme Vallaud-Belkacem. Alors, n’hésitons plus, bougeons, et soyons nombreux samedi à défiler pour lui montrer, ainsi qu’au Premier Ministre et au Président, que nous ne laisserons pas détruire ce qui demeure du collège, et que, quelle que soit l’issue de la bataille, nous vendrons chèrement ce qui nous reste de peau. La cause que l’on défend vaut moins que l’honneur qu’on met à le faire, dit-on. Et notre cause, celle de l’instruction, des humanités, de l’humain, est noble, belle et bonne. Kalè kagathè !

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 16:38

– qui n’engage pas le point de vue de l’association « Reconstruire l’Ecole », précisons-le…

PETIT BILLET D'HUMEUR

Jouons un peu : dans le compte rendu de ces quatre manifestations, se cache une caricature malhonnête, pas gentille, pleine de stéréotypes idiots pour ne pas dire épouvantablement outrancière. Cherchez-la !

Le week-end dernier se tenait au parc des expositions de Sainte-Mère de Mère le Salon de la femme catholique. Son slogan, « mettre la femme à l’honneur », belle intention. Notre reporter, animé d’un noble zèle, s’est donc rendu sur place pour y jeter un coup d’œil.

Dans le public, des cathos apparemment « normaux », je veux dire : ni Christine Boutin ni l’abbé Pierre. Le dress-code, si l’on excepte le perfecto du Père Gilbert, n’est pas exactement rock and roll, juste clean sans ostentation, et l’on observe même de jolies jeunes filles élégamment minijupées au rouge à lèvres appétissant, plusieurs charismatiques à l’air babacool égarées sous leur grand poncho et quelques bonnes sœurs en croquenots.

La journée débute avec le show culinaire de Mary Alacock, animatrice du blog « Cuisine catholique », qui réalise en direct et sous les applaudissements sa célèbre recette du « Blueberry Pie for the Most Holy Name of the Blessed Virgin Mary ».

Chez les exposants, aucun signe ostentatoire d’intégrisme. De banals stands de parfums (encens religieux, parfums d’ambiance du sanctuaire de Lisieux…), d’artisanat monastique, (on recommandera les madeleines pur beurre venues encore toutes tièdes du Carmel de Luçon) ou de vêtements : comment assortir gants et serre-tête, jupe-culotte ou portefeuille, au-dessus ou au-dessous du genou, mi-bas ou chaussettes, mocassins, bottillons ou richelieus, confectionnez vous-même votre chapelet – telles sont les tendances en cette rentrée.

Retenons enfin, entre plusieurs conférences d’un intérêt inégal : « Ne plus se reproduire comme des lapins », « Divorcé-e-s : répulsion ou communion », « Banc d’essai des mouvements de scoutisme », « Marthe et Marie, doit-on choisir ? », « Mon chien ira-t-il au Paradis ? », « Chanter juste depuis Vatican II, le défi », et « Comment pécher sans concevoir », par Sœur Pélagie de la Charrette, spécialiste de la méthode Ogino.

PETIT BILLET D'HUMEUR

Le week-end dernier se tenait au parc des expositions de Dieulefion sur Lignit le Salon de la femme protestante. Son slogan, « mettre la femme à l’honneur », très belle intention. Notre reporter, un peu las mais toujours animé d’un noble zèle, s’est donc rendu en pays parpaillot pour y jeter un coup d’œil.

Les plus matinaux ont pu commencer par un temps de recueillement dans la tente des communautés, où quelques pasteurs dynamiques organisaient un culte d’accueil. Puis plusieurs études bibliques étaient proposées avant les conférences proprement dites. Dans le public, des protestants apparemment « normaux », entre Lionel Jospin et ministre anglican. Le dress-code n’est pas exactement rock and roll – il n’est pas exactement quoi que ce soit, d’ailleurs, mais se caractérise, à quelques exceptions près, par une simplicité confinant parfois à l’absence de look.

La journée se poursuit avec le show culinaire d’Abigaël Durand, animatrice du blog « Cuisine protestante », qui réalise en direct et sous les applaudissements sa célèbre recette de « soupe de lentilles à la mode de Rachel ».

Chez les exposants, aucun signe ostentatoire d’intégrisme. Peu de place pour les marchands du temple, on s’en doute, à l’exception notable de plusieurs viticulteurs d’Ardèche et de Drôme aux trognes généreuses (dégustation à volonté), et quelques stands à usage pratique : « Comment ne pas décorer votre temple », « Le repas de paroisse, quinze erreurs à éviter », «Louons le Seigneur sans claquer des mains à contretemps », « Banc d’essai des associations de scoutisme », « Confectionner soi-même une croix huguenote », « Cuisiner le picodon ».

Retenons enfin, entre plusieurs conférences d’un intérêt inégal : « Le Saint-Esprit c’est simple », par le Pasteur Vedel-Azaïs (dont on rappellera à ce sujet l’indispensable « Que sais-je » en onze volumes, malheureusement épuisé – le Que-sais-je, pas le Pasteur), « Pasteure, pastourelle ou pasteur, la femme est-elle l’avenir du protestantisme ? », « Ecole du dimanche : le catéchumène ou le Saint-Esprit au centre du projet ? », « Faut-il bénir un mariage gay ? », sans oublier « Chantons juste lors des fêtes œcuméniques, ou : laissons détoner les cathos ».

PETIT BILLET D'HUMEUR

Le week-end dernier se tenait au parc des expositions d’Anserelles le Salon de la femme juive. Son slogan, « mettre la femme à l’honneur », très très belle intention. Notre reporter, de plus en plus fatigué (les vins de la Drôme sont traîtres) mais toujours animé d’un noble zèle, s’est donc rendu sur site pour y jeter un coup d’œil.

Les plus matinaux avaient pu commencer, après la prière du matin, par une séance de réveil musculaire animée par de charmantes et dynamiques spécialistes du Krav-maga et de l’Abir – puis plusieurs études sur la Torah étaient proposées avant que ne débutent les conférences proprement dites.

Dans le public, des juifs apparemment « normaux » : quelques Loubavitch ou « La Vérité si je mens », certes, des perruques un peu, des chapeaux aussi, du blingbling parfois. Le dress-code n’est pas exactement rock and roll, et si l’on observe bien quelques gourmettes dorées et des magen David de 5 centimètres de hauteur, le look se caractérise globalement par un sympathique et pagailleux mélange des modes et des registres.

La journée se poursuit avec le show culinaire de Belinda Koplan, célèbre animatrice du blog « Cuisine juive », qui réalise en direct et sous les applaudissements sa célèbre recette du « pain aux œufs et raisins secs », suivi d’un débat passionné sur l’utilité et la taille des raisins dans la préparation.

Chez les exposants, aucun signe ostentatoire d’intégrisme. De banals stands d’épices, de conserves et de vins kasher, de fleur d’oranger, de sirop d’orgeat et de boukha. Les sandwiches au thon sont dévalisés.

Retenons enfin plusieurs conférences d’un intérêt théorique et pratique inégal : « Entretenez le Shtraïmel de votre époux », « Les matriarches dans la Bible », « La cuisine juive au régime minceur », « Les boulettes, avec ou sans cumin ?», « Mon fils, comment couper le cordon », « Sexualité et plaisir dans le judaïsme », « Quelle contraception selon le Talmud », « Raoul Journo, sa vie, son œuvre », sans oublier « Banc d’essai des psychanalystes » et « Pas de carottes dans les légumes du couscous ! ».

PETIT BILLET D'HUMEUR

Le week-end dernier se tenait au parc des expositions de Pontoise le Salon musulman du Val d’Oise. Son slogan, « mettre la femme à l’honneur », très très très belle intention. Notre reporter, animé d’un noble zèle bien qu’extrêmement las (le vin kasher, c’est du brutal), s’est donc rendu sur place pour y jeter un coup d’œil (1).

Dans le public, des musulmans apparemment « normaux » : pas de burqa à la talibane, et même deux ou trois chevelures au vent. Le dress-code masculin est plus strict : crâne rasé, barbe et biceps. Chez les exposants, aucun signe ostentatoire d’intégrisme. De banals stands de parfums, de « bonbons sans gélatine animale » ou de vêtements : comment choisir sa djellaba, ce qui manque un peu de variété en attendant le défilé de mode traditionnelle musulmane, où les hidjabistas vont trouver de quoi concilier chic et pudeur : car « dans l’islam, la femme est un diamant ».

La journée a bien débuté avec le cooking-show de Madame Choumicha, célèbre animatrice de la télévision marocaine (cheveux découverts, sourire éclatant et look moderne), qui a réalisé, en direct et sous les applaudissements, ses recettes préférées, avant de se poursuivre par toute une série de conférences et communications (2), dont «Les solutions pour un couple harmonieux », par Rachid Habou Houdeyfa, imam controversé de la mosquée de Brest, « La valorisation de la femme en islam » ( causerie interrompue par l’irruption non moins controversée des Femen au moment où l’on glosait sur l’utilité de battre son épouse ), « La femme, éducatrice au grand mérite », et « L’éducation des enfants, entre théorie et réalité ».

Si l’on peut regretter l’absence de la musique et des arts en général, le coin « livres » propose plusieurs ouvrages sur la sexualité en islam, avec plein de conseils pratiques sur les positions sexuelles, (pas très kamasutresques au demeurant… ô belle Schéhérazade, qu’en aurais-tu pensé ?), et le best-seller du salon, Le Vrai visage de Muhammad, de Noureddine Aoussat, sapé marketing-costume-cravate qui, tout en citant Voltaire et prônant le dialogue et l’ouverture, sans approuver les attentats, renvoie de fait dos à dos dessinateurs de Charlie et terroristes djihadistes.

PETIT BILLET D'HUMEUR

Que n’aurait-on pas ricané, que n’aurait-on pas dit, si sur ces quatre saints événements, trois avaient réellement eu lieu ?!

  1. En fait, ce gros fainéantas alcoolique vous a synthétisé les comptes rendus de la presse, Libé, Le Monde et Charlie-Hebdo en particulier…
  2. Le programme là http://www.salon-musulman-valdoise.com/saf/?uid=programme

DERNIERE MINUTE ET LA ON NE RIT PLUS :

Céline Pina, conseillère régionale PS d’Ile de France, est menacée d’exclusion du parti par le premier fédéral du Val d’Oise, pour avoir protesté contre la tenue d’un de ces quatre salons (devinez lequel…)

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 09:23
AH ÇA HERA ÇA HERA ÇA HERA !

Aaaah, septembre…

Pour les uns la rentrée des classes, pour ma part un retour temporaire dans mes foyers (et d’émouvantes retrouvailles avec mon ordinateur chéri…), pour tous le choc frontal avec le réel de l’Education Nationale dans toute son obtuse brutalité, la réforme du Collège, dont on a dit et redit tout le mal qu’on pouvait en penser, et que la ministre, nonobstant l’opposition de la majorité des enseignants et même des parents, a entrepris de faire appliquer à marche forcée.

En effet (et qu’on n’hésite pas à me donner des contre-exemples si je Mabuse sur ce coup-là), c’est sans doute la première fois, depuis que je suis entrée dans la carrière, c’est-à-dire septembre 1976 si je compte l’année de stage, que je vois une réforme s’appliquer d’un bloc, et non pas niveau par niveau. Et pourtant, Dieu ( ?) sait si j’en ai vu passer, des réformes à la khon.

EXEMPLI GRATIA

Rien ne valant mieux qu’un petit exemple, je reviens sur la calamiteuse réforme des lycées dite Chatel-Descoings, appliquée à la rentrée 2010-2011 pour la classe de seconde, 2011-2012 pour celle de première et 2012-2013 pour la terminale, donc progressivement (à défaut de progressistement).

Puisqu’on parle de progressisme, rien de tel pour Mme Vallaud-Belkacem, qui, après le passage en force du printemps dernier, sur lequel on ne reviendra pas, entend imposer en bloc toutes les mesures délétères décrétées, on le sait, au nom des valeurs de la République (que de crimes on commet en ton nom !) de l’égalité et du savoir émancipateur – noyade du poisson obscurantiste dans un discours se réclamant des Lumières, ça c’est de la comm’ coco.

En clair, dès la pré-rentrée, les professeurs ont été fermement incités à plancher en chœur sur les EPI et autres admirables trouvailles (1) susceptibles d’être proposées à nos chères têtes blondes, rousses et brunes en septembre 2016. Message subliminal pour les ceusses qui n’avaient pas encore compris : quoi que vous puissiez dire ou faire, nous avons les moyens de vous faire exercer ces pédagogies que vous désapprouvez mais qui ouvrent sur les « nouvelles identités professionnelles », comme dit le think-tank (tank, c’est exactement le mot) Terra Nova (2), qui vont avec. Nous ferons de vous un professeur nouveau -- et votre bonheur malgré vous !

Bref, comme vous pouvez le voir sur le site du jus-pédago (3), « le texte envisage l'application en bloc de la réforme pour tous les niveaux du collège dès la rentrée 2016 et non une application niveau par niveau à partir de la rentrée 2016. »

Précisons de surcroît, -- et là encore c’est le Café Pédagogique (4) qui l’explique, pas une bande de pseudozintellectuels de mauvaise foi, que « la formation des enseignants prévue dans la réforme du collège, aura sans doute lieu en plus des heures de cours et sans aucune rémunération. « C'est la thèse développée par Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, le syndicat très majoritaire des personnels de direction, le 10 septembre. Ces propos se basent sur le nouveau statut des enseignants en application depuis le 1er septembre et sur la "zone grise" des obligations de service en dehors des heures de cours. »

Travailler plus pour gagner toujours aussi peu, même Sarkozy ne nous l’avait pas faite, celle-là…

ODERINT, DUM METUANT

Peu importe que l’intersyndicale appelle, pour le 17 septembre, à une grève dont on espère qu’elle sera massive : la ministre s’assoit dessus, avec son beau sourire certes, mais la totale indifférence des puissants persuadés, à force de croire en leurs propres mensonges, qu’ils ont raison envers et contre tous, y compris et surtout contre les professionnels et les gens du terrain.

AH ÇA HERA ÇA HERA ÇA HERA !

Quant à ceux qui protestent un peu trop fort, il pourrait leur en cuire ! Le caporalisme, dont on sait qu’il est, dans l’Education Nationale, bien mieux en usage que le bon sens, s’exerce alors sans scrupule.

EDERE EXEMPLUM SEVERITATIS

Ainsi ces amoureux des langues anciennes venus de tous les horizons politiques et syndicaux, réunis par les réseaux sociaux, et qui ont entrepris, en posant pour un calendrier déjanté, de défendre avec humour le latin et le grec, menacés de disparition par la réforme : http://fr.ulule.com/calendrierdesimmortels/ (5). L’un d’eux, convoqué au Rectorat de son académie, s'est entendu dire que le calendrier pouvait relever d'une « atteinte à la dignité de la fonction publique » et au « devoir de discrétion » et s'est vu menacer, en cas de « récidive », de sanctions pouvant aller jusqu'à « l'exclusion temporaire » (sic !).

Peu importe que le devoir de réserve, rappelons-le, n’existe pas dans les textes de loi, précisément la loi Le Pors de définition du statut de la Fonction publique (6) : l’essentiel est d’intimider et de faire taire.

PERSEVERARE DIABOLICUM

Encore plus fort : Romain Vignest, Président de l’Association des Professeurs de Lettres, et en tant que tel auteur le 22 mars dernier, sur le site de l’APL, d’une déclaration énergique inspirée par la juste colère de tout défenseur des humanités qui se respecte, http://www.aplettres.org/pages.php?p=article&art=69, a reçu le soir même, du directeur académique des services de l'Éducation Nationale en charge des collèges au rectorat de Paris (comme quoi monsieur sait lire…) un courriel s'indignant, je cite, de « la violence outrancière des propos qui sont tenus à l'égard d'une politique issue de la représentation nationale » -- très drôle, quand on pense que la réforme du collège n’est pas passée devant le Parlement, mais glissons, mortels, n'appuyons pas : et pas de blague, la République est en danger !

Traiter d’extrémiste un garçon aussi pondéré que Romain Vignest, que j’ai croisé naguère aux « Assises des Lettres » à Toulouse, où nous intervenions chacun pour son association (7), ferait tout bonnement sourire, si les choses s’en arrêtaient là ; mais tel ne fut pas le cas.

En représailles, ledit «directeur académique des services de l'Éducation Nationale en charge des collèges au rectorat de Paris » (oufff !) retire le soutien du rectorat à une conférence sur Voltaire organisée par l'APL, qui doit se tenir – et se tiendra malgré tout – au lycée Henri-IV. « Censurer Voltaire, il fallait y penser ! », soupire Sophie Coignard (8) dans une de ses chroniques du Point.

QUO NON DESCENDENT ?

Toujours d’après Sophie Coignard, « ce haut fonctionnaire, l'un des principaux représentants de la ministre pour l'académie de Paris », s'en prend également, sans aucun motif, aux qualités professionnelles de Romain Vignest, dont il est par ailleurs le supérieur hiérarchique : « Je suis inquiet pour les élèves que vous formez si vous vous situez dans le registre de l'outrance en usant de termes qui sont implicitement vecteurs de violence » , explique-t-il, confondant sans vergogne le représentant d'association et le professeur

Dans un second courriel, le directeur académique etc. etc. de la rhubarbe et du séné déplore « que la déclaration hostile à la suppression du latin et du grec comme disciplines à part entière à partir de la rentrée 2016 ait pu être tenue… un jour d'élection. Ce dimanche 22 mars avait lieu le premier tour des élections départementales. Où est passée la neutralité de la fonction publique ? »

« L'usage républicain veut que l'administration fasse la différence entre le militant associatif (ou le syndicaliste) et le fonctionnaire, et qu'elle ne prenne pas prétexte des activités du premier pour s'en prendre au second », conclut la journaliste du Point. Il semble que dans leur crispation autoritariste et leur précipitation à agir vite pour mettre tout le système devant le fait accompli, les instances qui nous régissent aient juste oublié ce menu détail.

NUNQUAM TIMERE, NUNQUAM DOLERE

AH ÇA HERA ÇA HERA ÇA HERA !

… Face à une telle accumulation de caporalisme et de mauvaise foi, une seule réponse, l’action. L’intersyndicale appelle à la grève ce jeudi 17 : soyons nombreux et motivés, et, sans prendre nos désirs pour des réalités (seule une action de grande envergure fera plier la ministre), soyons nombreux à y participer, et, pour ceux qui ne sont pas, ou plus, dans ce grand navire en perdition que devient l’Education Nle, à rejoindre les cortèges.

  1. Voir par exemple ici même les anthologiques tracts écolo-bien-pensants rédigés en espagnol à destination des floriculteurs kényans http://leblogdelapresidente.over-blog.com/2015/04/clisthenum-donare-ensuita-purgare-postea-saignare.html
  2. Lien ici. ATTENTION, âmes sensibles et humanistes s’abstenir, c’est du très brutal http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/09/10092015Article635774657847003012.aspx
  3. http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/06/11062015Article635696055976231470.aspx
  4. http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/09/11092015Article635775523069451796.aspx
  5. Dépêchez-vous,bientôt la fin de la souscription ! Le 16 septembre, c’est après-demain ! Festina, sed non lente !
  6. http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/Visu?cid=5296&indice=1&table=CONSOLIDE&ligneDeb=1 loi 83-634
  7. www.canal-u.tv/video/universite_toulouse_ii_le_mirail/table_ronde_enseigner_les_humanites_enseignement_secondaire_les_filieres.6419
  8. http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/education-gare-a-ceux-qui-osent-critiquer-la-reforme-07-09-2015-1962499_2134.php
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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 16:48

Axioprepeia, en grec moderne, c’est la dignité, qui a animé les Grecs depuis des mois et des mois dans leur tragique combat – avec le malheureux résultat que l’on sait. Exténué par des années de crise et de restrictions, écrasé de « réformes » aussi délétères qu’impuissantes à rembourser une dette danaïdesque, affamé au sens le plus strict du mot, le peuple grec vient d’être humilié avec la dernière des cruautés pour avoir osé relever la tête et proclamer haut et fort qu’il voulait non seulement ne plus être pressuré, mais encore qu’on le respecte, lui, sa souveraineté et ses représentants démocratiquement élus.

Axioprepeia, c’est ce qui vous tient debout quand vous n’avez plus d’autre espoir qu’en vos propres forces, un sentiment (tellement outrecuidant aux yeux de certains qu’il faut l’écraser sans pitié et à grands coups de brodequin dans les gencives de préférence) aussi violent qu’irrationnel et qui fait qu’on ne plie pas, qu’on ne courbe jamais l’échine, qu’on ne se soumet en aucun cas – « la race qui chant[e] dans les supplices » en somme. Un comportement épique, quelque chose entre Antigone et les héros de Malraux, bref du vieux, du ringard, du littéraire, du mythe, rien qui tienne face à la solide réalité sonnante et trébuchante de l’économie mondialisée et libérale.

AXIOPREPEIA

Voilà pourquoi, non contente d’imposer à la Grèce un plan de réformes assassin qui tuera le malade aussi sûrement que la saignée du Dr Diafoirus, l’Europe a soumis ce malheureux petit pays, de grande civilisation et de haute culture, à un traitement infamant : l’humiliation. Nier à l’autre, alors même qu’on est en train de l’égorger, toute dignité, c’est lui renvoyer en pleine face qu’il n’existe pas. Vous êtes quelque chose d’encore en-dessous de l’insignifiant, « beneath the underdog » comme disait Mingus, vous n’êtes RIEN.

Prêter oreille à qui revendique d’être entendu comme un humain, ce serait lui reconnaître de l’être, de la sensibilité, des droits. Vous n’êtes rien, on vous ignore, on ne vous connaît pas. Et donc, pas de problème, veuillez crever en silence et vos gueules s’il vous plaît.

L’humiliation n’est pas « nécessaire » en termes de gestion de la phynance internationale, pas plus qu’en politique d’ailleurs ; l’histoire nous apprend même (voir le Traité de Versailles, par exemple) que c’est parfois le meilleur moyen de préparer de sanglantes vengeances.

Mais ça c’était avant. L’humiliation est devenue un mode de gestion, gestion des crises européennes, on vient de le voir, mais aussi des ressources humaines (sic), en particulier dans le grand royaume enchanté de notre mère à tous l’Education Nationale.

Effectuons donc un grand saut dans l’espace, d’Athènes à Toulouse, de la Grèce au pays où « même les mémés aiment la castagne », et découvrons la triste et douloureuse histoire de Laure Betbeder et six professeurs du Collège Bellefontaine (situé en zone prioritaire) au cœur du quartier populaire du Mirail, victimes d’un chef d’établissement autoritaire (parler ici de caporalisme constituerait une grave offense envers les caporaux) et mutés « dans l’intérêt du service » pour avoir osé revendiquer des moyens pour leurs élèves – et surtout mis l’accent sur le décalage entre la grrrrrande et ammmmmbitieuse réforme de l’éducation prioritaire telle qu’elle a été proclamée à grands sons de trompe par les communicants de Mme Vallaud-Belkacem et les moyens réellement attribués à leur établissement pour la mener à bien (1). De la répression antisyndicale pure et simple, et l’indifférence totale des autorités. Vous n’êtes rien, votre problème n’existe pas, on vous ignore, on ne vous connaît pas. Et donc, pas de problème, veuillez crever en silence et dépêchez-vous, que ça traîne, trublions de profs qui osez la ramener, et vos gueules s’il vous plaît. Comment ça, axioprepeia ?

AXIOPREPEIA

Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes : Laure Betbeder, en grève de la faim depuis 24 jours, rejointe depuis par sa maman et deux de ses collègues, campe dans les jardins du rectorat. Professeur de SVT, la jeune femme, dont la santé se détériore peu à peu sous la canicule occitane, veut juste continuer à exercer au collège Bellefontaine – mais sans doute est-ce encore trop pour la rectrice qui, toute auréolée de sa récente promotion au grade de Chevalier de la Légion d'honneur (sans doute pour sa gestion exemplaire du cas Bellefontaine et sa mise en œuvre de la réforme REP+) ne veut rien entendre. Quel est le petit rigolo qui a dit axioprepeia ?

Quant à Mme Vallaud-Belkacem, naturellement préoccupée par bien d’autres soucis, elle a tout bonnement « snobé » notre collègue (2), pour reprendre les termes du quotidien gauchiste bien connu La Dépêche ci-devant du midi. DE MINIMIS PRAETOR NON CURAT (3). Axioprepeia, axioprepeia ? Et pourquoi pas dix euros, un Mars © et de la musique dansante tant qu’on y est ?

Un comité de soutien, le « Collectif Bellefontaine » (4), a été créé afin d’obtenir la réintégration des enseignants mutés. Il dispose également d’une page FB (5) qui vous permettra de suivre jour après jour l’évolution de cette épouvantable histoire.

Les indignes dans cette affaire, du chef d’établissement à la ministre en passant par la rectrice, sont sans doute persuadés d’être dans leur rôle. Nous voici parvenus au temps du mépris, et de l’humiliation comme mode de gestion des personnels. De la part d’un gouvernement qui se veut de gauche et d’une ministre qui se flatte d’être à l’écoute des enseignants, c’est une véritable honte, qui se paiera très cher au moment des régionales sans parler des présidentielles. Devenu loyal gestionnaire de l'existant, le PS a intégré, ce faisant, tous les codes comportementaux des gens de pouvoir, à commencer par la morgue, le déni de réalité et la certitude d'avoir raison envers et contre le malheur des gens.

Ce sont les petits, les sans-grade, les Laure Betbeder, ceux et celles qui se battent seuls contre la grande machine à broyer les êtres, qui nous montrent la voie et nous donnent l’espoir.

DIGNITE, RESISTANCE, AXIOPREPEIA ANTISTASI !

AXIOPREPEIA
Published by leblogdelapresidente
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